Dans la foulée de Sandy - Les écoles rouvrent à New York, mais le retour à la normale est lent

Officiellement, 80 % des lignes de métro de New York fonctionnent maintenant.
Photo: Agence France-Presse (photo) Allison Joyce Officiellement, 80 % des lignes de métro de New York fonctionnent maintenant.

La plupart des écoles ont rouvert lundi à New York une semaine après le passage de l’ouragan Sandy, mais l’essence manque toujours dans la ville traumatisée et pour beaucoup, le retour à la normale est encore loin.

Quelque 100 000 abonnés new-yorkais restaient privés d’électricité lundi, 487 000 dans l’État de New York, et près de 1,4 million dans les sept États les plus touchés par la tempête qui a fait plus de 100 morts aux États-Unis, dont 40 à New York. Dans le New Jersey, l’État le plus atteint, un abonné sur cinq reste privé d’électricité, selon le département de l’Énergie.


La réouverture des écoles new-yorkaises et la réapparition des bus scolaires jaunes a ajouté au sentiment de normalisation. Mais sur les 1700 établissements scolaires, 101 sont encore restés fermés lundi, selon la mairie, parce qu’ils ont subi des dégâts trop importants. Une poignée servent toujours de centre d’accueil. Le maire Michael Bloomberg avait recommandé dimanche aux parents de mettre un pull de plus à leurs enfants pour aller à l’école, soulignant que certains établissements n’auraient peut-être pas de chauffage. « Si le froid était dangereux dans les écoles, nous ne les ouvririons pas. Mais s’il fait juste un peu froid, un pull de plus est nécessaire », avait-il dit.

 

Le transport


Officiellement, 80 % du réseau du métro new-yorkais, qui transporte chaque jour 5,5 millions de passagers, fonctionne, mais certaines lignes fonctionnent au ralenti, d’autres partiellement, et trois restent suspendues, avec des bus de substitution. Et aller travailler lundi a encore mis les nerfs de centaines de milliers de banlieusards à rude épreuve.


Pour les automobilistes, et pour ceux qui ont besoin de générateurs pour se chauffer, trouver de l’essence reste un problème : « J’ai attendu 8 heures à la station à l’angle de la 44e rue et de la 10e avenue pour finalement obtenir 30 dollars d’essence car elle est rationnée, a raconté Cherif Roby, un chauffeur de taxi égyptien. Et beaucoup de mes amis ne peuvent pas travailler car ils n’ont pas trouvé d’essence. »

 

Le logement


Et Cherif raconte aussi avoir cherché pendant une heure du lait pour ses deux enfants. « J’ai fait plusieurs supermarchés, et ça, ça m’inquiète plus encore que l’essence. » Dans certains secteurs de la ville, les poubelles commencent à s’entasser, faute de ramassage.


Des dizaines de milliers de personnes vont devoir être relogées dans l’État de New York, jusqu’à 40 000 dans la seule ville de New York, selon le maire, leur logement étant devenu inhabitable. La situation des sinistrés devient d’autant plus difficile que l’hiver progresse et qu’il commence à geler la nuit. Mais « nous n’avons pas beaucoup de logements vides dans la ville », avait souligné le maire dimanche. La situation reste critique notamment dans les Rockaways (Queens), à Coney Island (Brooklyn) et Staten Island, en dépit des distributions de nourriture, d’eau et de couvertures, et de la mobilisation de milliers de bénévoles.


À la veille de l’élection présidentielle, tout était fait pour assurer le scrutin, mais « cela ne va pas être facile », a reconnu M. Bloomberg. Une soixantaine de bureaux de vote sont inutilisables. Une réponse doit y être trouvée, mais lundi, ces solutions semblaient évoluer constamment.


Et une nouvelle perturbation météorologique est attendue mercredi et jeudi, avec des vents violents et de possibles inondations dans les zones littorales déjà éprouvées.


Une délégation de hauts responsables gouvernementaux, dont la secrétaire à la Sécurité intérieure, Janet Napolitano, la ministre du Travail, Hilda Solis et son collègue à l’Énergie, Steven Chu, se sont rendus lundi à New York pour dresser l’inventaire des besoins.