Les problèmes s’aggravent pour les New-Yorkais privés de courant

Panne d’électricité oblige, les New-Yorkais doivent se rabattre sur des générateurs pour recharger leurs ordinateurs et leurs téléphones portables.
Photo: Agence France-Presse (photo) Timothy A. Clary Panne d’électricité oblige, les New-Yorkais doivent se rabattre sur des générateurs pour recharger leurs ordinateurs et leurs téléphones portables.

Le trafic du métro a partiellement repris à New York jeudi, mais les problèmes s’aggravaient pour les 650 000 foyers toujours privés d’électricité après le passage de Sandy.

Le gouverneur de l’État, Andrew Cuomo, a annoncé qu’un million de repas allaient être distribués à New York aux habitants les plus fragilisés. Pour sa part, le maire, Michael Bloomberg, a précisé que 400 membres de la garde nationale et 150 volontaires iraient frapper aux portes dans les immeubles pour apporter ces repas, notamment aux personnes âgées qui ne peuvent pas descendre de chez elles faute d’ascenseur. La Croix-Rouge a de son côté annoncé qu’elle avait déployé 12 cuisines mobiles capables de préparer 200 000 repas par jour.


Certains quartiers n’auront pas d’électricité jusqu’au 11 novembre, a prévenu le distributeur local Con Edison. Mais le courant devrait être rétabli d’ici à samedi dans le sud de Manhattan, entièrement paralysé faute d’électricité depuis le passage de Sandy dans la nuit de lundi à mardi.


Le bilan des morts dans la métropole américaine s’est alourdi à 40 personnes. La plupart des victimes ont succombé à la chute d’arbres, ont été électrocutées par des fils trempant dans l’eau ou se sont noyées quand la crue a envahi les parties basses de la ville. D’autres ont été asphyxiées par de la fumée dégagée par des générateurs qu’elles avaient mis en marche pour pallier les coupures de courant.


L’ouragan a frappé New York lundi soir, déclenchant des vents très violents et des crues qui ont inondé toute la partie sud de Manhattan et occasionnant des coupures massives d’électricité.


Le métro a partiellement repris, gratuit pour deux jours, au grand soulagement d’une ville complètement asphyxiée la veille par les voitures. Mais la reprise ne concerne que 14 des 23 lignes du réseau, qui habituellement transporte 5,5 millions de voyageurs par jour. Et il ne descend pas au-delà de la 34e Rue, le sud de Manhattan restant toujours privé d’électricité.


Un covoiturage obligatoire, avec au moins trois personnes par véhicule, a été mis en place pour les ponts vers Manhattan.


Trouver de l’essence est devenu un cauchemar dans la région, notamment dans le New Jersey voisin, durement éprouvé par la tempête Sandy. Dans cet État, 1,8 million de personnes, soit près du quart de la population, restent sans électricité, et le gouverneur Chris Christie a parlé de dégâts « incalculables ». Le front de mer est méconnaissable.


Dans le nord de l’État, des files de centaines de voitures se sont formées devant les rares stations-service ouvertes. Mais les piétons étaient aussi nombreux, venus avec leurs jerricans, pour essayer de faire fonctionner leurs générateurs.


La situation reste très difficile dans tout le sud de Manhattan, habituellement si animé.

 

Plus de 650 000 foyers sans courant


Au total, quelque 654 000 foyers restaient sans courant jeudi à New York.


Le froid ajoute au souci de la population des quartiers sans électricité, qui doit composer avec des magasins fermés - comment manger dans ces conditions ? -, l’absence de transports en commun, parfois d’eau et de chauffage dans les gratte-ciel.


Des distributions de vêtements ont également commencé à se mettre en place, notamment devant certaines églises, et quelque 6000 personnes étaient toujours réfugiées dans les 76 centres d’accueil ouverts dans des écoles.


Sandra habite au 19e étage d’un immeuble sans eau ni électricité. Elle est enceinte de huit mois et demi. Elle est restée bloquée chez elle de dimanche à mercredi. « Pour descendre les escaliers, ce n’est pas un problème, mais pour monter, je vais à un rythme de grand-mère. Je n’ai pas envie de déclencher l’accouchement », dit-elle.


Le siège des Nations unies à New York a subi des « dommages sans précédent » lors du passage de l’ouragan Sandy, a déclaré un responsable.


Yukio Takasu, secrétaire général adjoint à la gestion de l’ONU, a déclaré devant l’Assemblée générale que les principaux dommages avaient été causés par l’inondation qui a touché plusieurs bureaux des sous-sols et le système de refroidissement du bâtiment du secrétariat, causant un petit incendie.


Le responsable de la sécurité de l’ONU, Gregory Starr, a ajouté que l’inondation avait touché plusieurs composantes électriques. Le grand complexe de l’ONU à New York subit ses premières rénovations depuis son ouverture il y a 60 ans, dont le coût est évalué à 2 milliards de dollars.


Environ 3000 employés de l’organisation déplacés dans des bureaux temporaires de Manhattan durant les rénovations ont commencé à réintégrer l’édifice du secrétariat, qui compte 39 étages. Environ 2000 autres employés sont restés sur les lieux, dont le secrétaire général Ban Ki-moon et d’autres hauts responsables, qui travaillent dans un bâtiment temporaire construit au nord du bâtiment principal, qui n’a pas été affecté par la tempête.


Un concert de solidarité en faveur des victimes de l’ouragan Sandy, avec la participation de vedettes comme Bruce Springsteen ou Sting, a été annoncé pour vendredi soir par la chaîne de télévision NBC. Les fonds récoltés seront versés à la Croix-Rouge pour aider les sinistrés.


 

D’après l’AP et l’AFP

1 commentaire
  • Pascal Jacquinot - Inscrit 2 novembre 2012 20 h 01

    Vous aurez remarqué

    les mots par lesquels le maire de New-York a publiquement soutenu le candidat Obama.
    Il n'est pas indifférent qu'au lendemain du désastre, et depuis la principale ville des USA, ville située au bord de l'océan et par conséquent des plus vulnérables, soit lancé (enfin) le cri d'alarme, et presque l'aveu, de ce que la modification palpable de notre climat, et sa cause plus que probable, appellent une révolution idéologique et politique chez la première puissance industirelle du monde.
    Et si Obama, une fois réélu, s'attelait à cette tâche, alors ils se pourrait bien qu'il ne finisse par mériter un jour le prix Nobel de la Paix qui lui a été naguère si légèrement attribué.