La tempête Sandy - Des millions d’Américains à secourir

Un navire échoué à Staten Island, à New York, témoignait mardi de la force de frappe de la tempête Sandy.
Photo: Sean Sweeney - Associated Press Un navire échoué à Staten Island, à New York, témoignait mardi de la force de frappe de la tempête Sandy.

Des millions de personnes étaient privées d’électricité ou se trouvaient les pieds dans l’eau mardi, dans le nord-est des États-Unis, à la suite du passage de la mégatempête Sandy. La catastrophe a causé au moins 50 morts, et il ne fait plus aucun doute pour les autorités qu’il s’agit d’une des pires tempêtes qu’ont connues les États-Unis.

Dans les États de New York et du New Jersey, qui ont été les plus durement touchés par la tempête, le président Barack Obama a déclaré mardi l’état de « catastrophe majeure ». Cela permettra la mise en place de programmes d’aide pour les victimes. La ville de New York, d’habitude si animée, était quasi-fantomatique après le passage de la tempête.


À New York, dix-sept personnes sont mortes et le bilan devrait s’alourdir, a dit le maire Michael Bloomberg lors d’une conférence de presse. Ce sont principalement des chutes d’arbres qui ont causé les décès. Selon les estimations de M. Bloomberg, 750 000 foyers étaient encore privés d’électricité mardi et de nombreuses résidences ont été inondées. Beaucoup de New Yorkais commencent à constater l’ampleur des dégâts.


Au sud de Canal Street, à Manhattan, Tommy Flynn, un photographe de 57 ans en blouson de cuir et catogan, se promenait mardi, prenant des photos d’un arbre abattu. Son appartement n’a pas d’électricité, mais il n’est pas question pour lui de s’en aller. « Ma copine et moi avons fait des stocks d’eau, de nourriture non périssable, de piles, de lampes électriques, de bonbons et de chocolat. Et puis, on n’a nulle part d’autre où aller », expliquait-il. Certains préfèrent toutefois rester à l’abri dans les centres d’évacuation de la Ville. Mardi soir, ils étaient encore 6400 New Yorkais à y demeurer, selon la Ville.


À Battery Park, à la pointe Sud, où le niveau de l’eau s’est élevé de plus de quatre mètres à marée haute, l’eau a reflué. Des branches d’arbres jonchent les rues, des câbles gisent sur le trottoir.


Paralysée depuis 24 heures, la ville reprenait difficilement vie avec la réouverture de trois des ponts reliant Manhattan au quartier de Brooklyn, mais les transports publics restaient suspendus.


De nombreux tunnels du métro ont été inondés, l’eau de mer s’étant engouffrée dans les couloirs, dépassant parfois la hauteur des quais.


Dans le New Jersey voisin, où la tempête a touché terre, les dégâts le long du littoral sont « inimaginables », a déploré le gouverneur Chris Christie. Plus de deux millions de personnes ont été touchées par les coupures de courant. Le pire a toutefois été évité. Dans le comté de Bergen, à quelques kilomètres de New York, une digue s’est rompue en pleine nuit, menaçant plusieurs centaines de personnes et mobilisant les services d’urgence.


Sandy a aussi mis à rude épreuve le secteur de l’énergie nucléaire : trois réacteurs ont été mis à l’arrêt et la plus vieille centrale du pays a été placée en état d’alerte. La situation a soulevé des questions au sujet de la sécurité des installations nucléaires américaines. « Sandy a montré que ces centrales étaient vulnérables face à ce genre de tempêtes, spécialement si elles augmentent en intensité et en fréquence », observe Robert Alvarez, ex-conseiller au secrétaire à l’Énergie sous l’administration Clinton.


« Tout semble normal à ce stade. Aucune infrastructure de centrale n’a été endommagée », a affirmé Neil Sheehan, porte-parole de l’autorité de sûreté nucléaire américaine (NRC).


Une des traditions annuelles de la ville de New York a été mise à mal : le défilé d’Halloween qui devait avoir lieu mercredi a été annulé, en raison des dégâts et des coupures d’électricité. « Pour la première fois en 39 ans d’existence, les services d’urgence du maire et la police de New York ont annulé le défilé », ont indiqué les organisateurs de l’événement dans un communiqué publié sur leur site Halloween-nyc.com. Le défilé d’Halloween attire chaque année des dizaines de milliers d’habitants déguisés à New York. L’industrie du divertissement a aussi subi les conséquences de Sandy. La Ville a révoqué les autorisations de tournages à l’extérieur depuis le début de la semaine, pour des raisons de sécurité.
 

Réouverture mercredi des aéroports JFK et Newark


Le trafic aérien a repris partiellement mercredi à l'aéroport John F. Kennedy (JFK) de New York et à Newark Liberty International, dans le New Jersey.

 

Le premier vol de passagers, en provenance de Long Beach en Californie, a atterri à 7h04 à JFK.

 

L'Autorité portuaire de New York et du New Jersey enjoint les passagers à appeler les compagnies aériennes avant de se rendre dans les aéroports.

 

Les liaisons aériennes avaient été interrompues par la tempête Sandy.

 

Les autorités ont précisé que des tests d'atterrissage, sans passagers, ont été effectués dans la nuit de mercredi pour préparer la réouverture.

 

L'aéroport de LaGuardia à New York reste fermé. Les autorités sont en train d'évaluer l'ampleur des dégâts.


Toutes ces conséquences auront un coût et les autorités prévoient déjà que la facture risque d’être de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Mais la vie reprend peu à peu son cours. À titre d’exemple, le New York Stock Exchange rouvre ses portes mercredi.


Au Québec, plus de 6000 clients d’Hydro-Québec étaient toujours privés de courant mardi soir en raison des forts vents de lundi.

 

D’après l’Agence France-Presse, l’Associated Press et CNN


 
3 commentaires
  • Christian Languedoc - Inscrit 31 octobre 2012 07 h 48

    Il l’on-tu l’affaire les Américains !

    La garde côtière et l’armée sont déjà à l’œuvre pour secourir et aider le nettoyage. Par contre les élections ont surement ajouté de l’efficacité. Mais ici au Canada il faut attendre plusieurs jours avant l’intervention de l’armée. Pourquoi lenteur administrative ??

    Est-ce que notre armée devrait être entrainée aussi pour secourir RAPIDEMENT en cas de sinistre???

    • Samuel Arsenault - Inscrit 31 octobre 2012 09 h 44

      C'est une question d'effectifs. l'armée américaine, qui n'est qu'une seule branche dans les forces armées compte 1,129,275 hommes.

    • Sylvain Auclair - Abonné 31 octobre 2012 10 h 45

      En fait, le Canada est organisé comme Rimney le voudrait, et ce sont les provinces qui s'occupent des catastrophes. Or, comme l'armée est fédérale, les provinces doivent en faire la demande expresse, obtenir l'autorisation de papa Ottawa et payer pour.

      D'ailleurs, pourquoi une armée? Pourquoi pas une force de sécurité civile, sans tanks ni avions de chasse, avec une foule de réservistes? Si c'est pour aider en cas de désastre, pas besoin de _forces_ _armées_.