Deuxième débat présidentiel - Obama ébranle enfin Romney

Le président des États-Unis, Barack Obama, répondant à une question venant de l’auditoire sous l’œil du républicain Mitt Romney, mardi, lors du deuxième débat des candidats à la présidence tenu à l’Université Hofstra, à Long Island, dans l’État de New York. M. Obama s’est montré pugnace, attaquant son rival dès le début.
Photo: Shannon Stapleton - Associated Press Le président des États-Unis, Barack Obama, répondant à une question venant de l’auditoire sous l’œil du républicain Mitt Romney, mardi, lors du deuxième débat des candidats à la présidence tenu à l’Université Hofstra, à Long Island, dans l’État de New York. M. Obama s’est montré pugnace, attaquant son rival dès le début.

C’est un Barack Obama complètement revigoré qui a affronté Mitt Romney mardi soir, passant d’entrée de jeu à l’attaque contre son adversaire, lui reprochant son opposition au sauvetage de l’industrie automobile.

Ce deuxième débat présidentiel, qui se déroulait à l’Université Hofstra, dans l’État de New York, a été très animé du début à la fin, les deux adversaires s’interrompant et se contredisant sur de nombreux sujets.


À quelques reprises, le président sortant a accusé Mitt Romney de ne pas dire la vérité. Il s’est adressé directement à son rival, contrairement au débat du 3 octobre, alors qu’il s’était surtout adressé au modérateur pendant que Mitt Romney le critiquait.


La plupart des échanges concernaient des enjeux de politique intérieure, à savoir les emplois et les finances publiques, mais c’est sur une question de sécurité et de politique étrangère que Barack Obama a eu quelques-uns de ses mots les plus acerbes. En répondant à une question sur l’attentat au consulat américain de Benghazi, le président a accusé son adversaire d’avoir tenté d’exploiter le drame à des fins partisanes.


Les deux candidats à la présidence ont chacun présenté leur plan pour relancer l’emploi, en répondant à la question d’un étudiant qui s’inquiétait de ne pouvoir trouver du travail après avoir obtenu son diplôme. Romney a déclaré que, s’il est élu, il maintiendra les programmes de bourses existants et qu’il mettra en oeuvre les politiques économiques les plus aptes à créer des emplois.


Barack Obama a affirmé qu’il favoriserait la création d’emplois dans le secteur manufacturier, y compris dans les nouvelles sources d’énergie. Il a aussi souligné la nécessité d’investir dans le système d’éducation.


Dès le début, M. Obama a accusé l’ancien gouverneur du Massachusetts de favoriser que les plus riches. Il « dit qu’il a un programme en cinq points, il n’a pas de programme en cinq points, son programme tient en un point : s’assurer que les plus aisés puissent jouer avec des règles différentes », a accusé Barack Obama.


La tension est encore montée d’un cran lorsque les deux candidats ont présenté leurs arguments sur la politique énergétique. M. Obama a accusé son adversaire de vouloir laisser les compagnies pétrolières « écrire la politique énergétique » des États-Unis. Barack Obama a également rappelé que la société Bain Capital, fondée par Mitt Romney, a délocalisé des emplois en Chine.


Contrairement aux débats précédents, celui de mardi soir prévoyait que les échanges seraient lancés par une question venant de l’auditoire. Les 82 personnes présentes à l’avant de la salle et habilitées à poser ces questions avaient été choisies pour leur neutralité présumée par l’Institut Gallup.


Barack Obama avait une lourde responsabilité sur les épaules mardi soir. Il lui incombait de remonter le moral de ses troupes, passablement à plat depuis sa contre-performance du 3 octobre, devant plus de 67 millions d’Américains rivés à leur téléviseur.


Dans les heures et les jours qui ont suivi ce premier débat, les contributions financières à la campagne de Mitt Romney ont afflué. Non seulement les sondages ont-ils montré qu’il avait rattrapé Obama dans les intentions de vote, mais également qu’il suscitait enfin « l’enthousiasme » chez ses partisans, ce qu’il n’avait pas fait jusqu’alors !


Romney en avance


Le président avait tout de suite compris, en sortant de son premier débat, à Denver, qu’il l’avait perdu. Il l’a admis quelques jours plus tard, non sans humour d’ailleurs.


Le président n’avait pas semblé prendre très au sérieux sa préparation à ce premier débat. À l’issue de la rencontre, on lui avait reproché non seulement de ne pas avoir attaqué Romney sur ses points faibles : déclaration sur les 47 % d’Américains qui ne contribueraient rien en échange des services qu’ils reçoivent, droits des femmes, responsabilité sociale de Bain Capital, la société d’investissement que Mitt Romney a dirigée. Il a corrigé le tir mardi soir.


La semaine dernière, le vice-président, Joe Biden, s’est montré combatif, rachetant un peu la contre-performance de son patron. Mais ce n’est évidemment pas suffisant, surtout que le prétendant républicain à la vice-présidence, Paul Ryan, a très bien fait lui aussi.


La moyenne de sondages établie par le site RealClearPolitics donnait à Romney une avance de 1,3 % dimanche. En fait, les sondages vont dans toutes les directions. Et la plupart de ceux qui ont été menés dans des États clés sont plutôt inquiétants pour le président sortant. Idem en ce qui concerne un possible effritement de l’appui des femmes en sa faveur.


Un incident s’est produit peu avant le débat quand la candidate à la présidence du Parti vert, Jill Stein, s’est vu refuser l’accès à la salle où avait lieu le débat.

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Ce texe a été modifié après publication

10 commentaires
  • Daniel Lambert - Inscrit 17 octobre 2012 06 h 30

    Il doit partir

    Pour le plus grand bien des Américains, il doit partir. Obama n'a pas su mener à bons termes ses promesses d'il y a 4 ans. Guantanamo est toujours ouvert où sont emprisonnés des gens qui sont accusés de rien.. Le déni le plus complet du droit international.

    Obama n'a rien fait en 4 ans, et il doit partir. Il doit laisser à un autre la possibilité de faire mieux ou pire que lui!

    • Denis Boyer - Inscrit 17 octobre 2012 07 h 49

      Vous avez raison... mais dans un système politique à 2 partis, ayant une plate-forme presqu'identique en ce qui a trait aux enjeux les plus importants (l'Iran, par exemple), l'alternative est légèrement pire. Le seul avantage de voir les républicains au pouvoir, c'est que l'opposition (démocrate) va crier au meurtre lorsque celui-ci suivra la même politique qu'Obama, alors que pour l'instant, celui-ci s'en tire sans controverse puisque le chien de garde est d'accord avec ses pires politiques!

    • Jean-Claude Robichaud - Inscrit 17 octobre 2012 08 h 19

      Il ne faut pas oublier que plusieurs des promesses d'Obama ont étés bloqués par le congret qui est en majorité républicain!
      Plutôt hostile aux réformes économiques initiées par l'administration Obama, la nouvelle majorité à la Chambre des représentants va sans doute mettre un frein aux dispositions fiscales proposées par le gouvernement, qui prévoyaient de supprimer les exonérations fiscales des foyers ayant plus de 250.000 dollars de revenus et l'augmentation des impôts sur les profits des sociétés américaines à l'étranger. Le financement de la réforme du système de santé pourrait également être revu à la baisse.

      Obama a du faire des compromis sur beaucoup de ses promesses. Et c'est pas fini! Les riches vont gagner car il ont les moyens d'appauvrir encore la classe moyenne..Ils non pas de pays ces capitalistes sauvages ,il vont sucer tout ce qu'il y a a sucer!

  • Denis Boyer - Inscrit 17 octobre 2012 07 h 17

    Débat, vraiment?

    Ces espèces de conversations mises en scène sous l'allure de débats sont de réelles supercheries, puique tout est planifié d'avance par contrat entre les parties prenantes. D'une part, les chefs des 2 parties principaux (il y en a davantage aux USA mais les autres sont relégués aux oubliettes) acceptent de ne pas laisser d'autres aspirants à la course présidentielle entrer dans l'arène; ils acceptent aussi de ne pas participer à quelque autre forme de débat avec quiconque; enfin, ils connaissent à l'avance les questions qui leur seront posées. Tout ce qui reste, c'est de faire un "show" pour montrer lequel peut paraître le plus aggressif envers l'autre, car c'est tout ce qui est noté pour décider le vainquer, et nnon la substance du propos (par exemple, est-ce que les candidats mentent aveuglément ou non?)

    Ce rite est une grande supercherie mais pourtant, il fait la manchette même ici. C'est navrant!

    http://www.democracynow.org/2012/10/16/secret_deba

    • Hervé Pichenaud - Inscrit 17 octobre 2012 09 h 17

      Effectivement, je trouve moi aussi dommage que Le Devoir ne soulève pas cette question du sérieux de l'exercice et de la «démocratie» américaine. Le lien que vous mentionnez est effectivement très intéressant et démontre comment la «démocratie» n'existe plus. Je souhaiterais assi que Le Devoir aille un peu plus s'alimenter à des sources indépendantes crédibles même si cela peut faire grincer les dents de tous ceux qui se pâment sur la «démocratie» américaine et que cela coûte plus cher pour vérifier l'exactitude des informations.

  • Yves Nadeau - Abonné 17 octobre 2012 10 h 49

    Quel débat?

    J'ai fait preuve de patience hier soir, mais j'ai décroché après 45 minutes parce que j'attendais toujours le début d'un véritable débat.

    Sous le couvert d'un pseudo-débat, les candidats on livré leurs messages sans répondre véritablement aux questions, tout en s'interrompant continuellement.

    Tout ce qu'ils ont réussi à accomplir: dégoûter les électeurs de la politique parce qu'ils ont tenu des propos mensogers que la modératrice a laissé passer sans rien dire; au fait, elle modérait quoi?

  • Gilbert Talbot - Abonné 17 octobre 2012 11 h 29

    Une autre candidate à la présidence ?!?

    «Un incident s’est produit peu avant le débat quand la candidate à la présidence du Parti vert, Jill Stein, s’est vu refuser l’accès à la salle où avait lieu le débat.»

    C'est la première fois que j'entends parler d'une candidate à la présidence, en plus de Obama et Romney. Y en a-t-il d'autres ? Et si oui, pourquoi on en entend jamais parler ?

    • Yves Nadeau - Abonné 17 octobre 2012 12 h 50

      En réponse à votre question, il y a trois autres candidats, incluant Mme Stein du Parti vert: Gary Johnson du Parti libertarien et Virgil Goode du Parti Constitution.

    • Denis Boyer - Inscrit 17 octobre 2012 17 h 45

      En fait, il y a plus d'une centaine de candidats, certains étant des candidatures farfelues. Mais si vous n'en entendez pas parler, c'est qu'il y a un accord bi-partisan entre démocrates et républicains pour garder les autres candidats en marge de l'élection présidentielle. La recette est simple : personne ne votera pour un candidat que personne ne connait.

    • Gilbert Talbot - Abonné 18 octobre 2012 01 h 28

      C'est bien ce que je pensais. Moi je voterais pour les vert !