Les manifestants américains dans la mire de lobbyistes liés à des banques

Des lobbyistes, liés aux banques, ont soumis un plan de 850 000 $ pour se jeter à bras raccourcis sur le mouvement Occupy Wall Street ainsi que les acteurs politiques qui lui seraient favorables, a révélé la chaîne de télévision d'information continue MSNBC.

Dans une lettre de quatre pages, la firme de Washington Clark Lytle Geduldig & Cranford (CLGC) propose notamment à l'Association des banques américaines (ABA) de mener une «recherche» sur Occupy Wall Street afin de «construire un récit négatif» sur le mouvement ainsi que sur «ceux qui les soutiennent».

CLGC préconise aussi, dans ce plan de 60 jours, de surveiller et d'analyser les réseaux sociaux. Les stratèges démocrates «discutent ouvertement» de la question de soutenir Occupy Wall Street (OWS), soutient CLGC dans le document. S'ils le font, «cela voudrait dire davantage qu'une gêne passagère pour Wall Street». «Cela peut avoir un impact de très longue durée, politique et financier, pour les compagnies au coeur [de Wall Street]», ajoute-t-elle.

«C'est peut-être facile de rejeter OWS comme un groupe de manifestants désordonnés, mais ils ont démontré qu'ils devaient plutôt être traités comme des concurrents organisés, très habiles et capables de travailler les médias [...] Pour contrer cela, nous devons faire de même», fait valoir la firme, qui s'inquiète aussi d'une éventuelle entente entre OWS et le Tea Party, même si cette avenue a déjà été rejetée de part et d'autre.

Le mouvement Occupy Wall Street, né il y a deux mois à New York et qui a depuis essaimé dans de nombreuses villes, dénonce la cupidité du monde de la finance. À moins d'un an des élections présidentielle et législatives, les indignés américains assurent vouloir rester indépendants. CLGC souligne que la situation pourrait devenir «explosive» quand les «médias vont couvrir la nouvelle série de bonus et les opposeront aux histoires de millions d'Américains ayant moins d'argent durant les Fêtes».

Par ailleurs, deux des associés de CLGC travaillaient précédemment pour le républicain John Boehner, qui est l'actuel président de la chambre des représentants, a précisé MSNBC.

Un porte-parole de l'ABA a confirmé avoir reçu cette lettre. «Nous ne l'avions pas demandée et nous avons décidé de ne pas y donner suite», a-t-il précisé à l'émission de MSNBC Up with Chris Hayes.

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D'après l'Agence France-Presse

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