Deux mois d'indignation à New York

Les indignés de New York ont souligné hier les deux mois de leur mouvement par une journée d’action dans la rue. Une journée marquée par une forte présence policière et plusieurs accrocs, mais aussi par une grande marche festive en soirée à laquelle des milliers de personnes ont participé. <br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Les indignés de New York ont souligné hier les deux mois de leur mouvement par une journée d’action dans la rue. Une journée marquée par une forte présence policière et plusieurs accrocs, mais aussi par une grande marche festive en soirée à laquelle des milliers de personnes ont participé.

Deux jours après avoir été chassés de leurs tentes en pleine nuit par les autorités de la Ville, les indignés de New York ont souligné les deux mois de leur mouvement par une journée d'action dans la rue. Une journée marquée par une forte présence policière et plusieurs accrocs, mais aussi par une grande marche festive en soirée à laquelle des milliers de personnes ont participé.

Tout au long de la journée, des manifestations ont été tenues dans les rues, les parcs et les stations de métro de la ville. Même s'ils n'ont pas le droit de dormir dans l'espace public, les indignés ont voulu affirmer qu'ils demeureront présents tant que les règles du jeu, financières et économiques, ne changeront pas. «C'est un moment critique pour le mouvement compte tenu de ce qui s'est passé l'autre soir, a indiqué un manifestant de 44 ans, Paul Knick. Il semble y avoir un effort concerté pour faire cesser le mouvement et je suis ici pour m'assurer que ça ne se produise pas.»

Le New York Times rapporte qu'au cours de la journée, 7 policiers ont été blessés, contre 10 manifestants. Au moins 200 arrestations ont eu lieu et 5 personnes du lot ont été inculpées. Parmi les personnes arrêtées figure un retraité de la police, Ray Lewis, qui portait son uniforme et appuyait les indignés. «Les 1 % [les plus riches] essaient d'écraser ce mouvement, et je suis venu le soutenir, avait-il expliqué plus tôt. De plus en plus de gens souffrent dans ce pays.»

Objectif: la Bourse

Environ 1000 protestataires ont d'abord voulu s'attaquer hier matin à un important symbole: la Bourse de New York, pour bloquer son ouverture. Ils ont trouvé des policiers armés de matraques sur leur route, ainsi que des barrières de métal qui bloquaient des rues.

Arrivés à destination, les manifestants, incapables d'entrer dans les bureaux de la Bourse, ont tout de même tenté de décourager les travailleurs en criant: «Wall Street est fermée». Si la Bourse a ouvert à temps, sans problème, l'atmosphère était loin d'être calme dans les rues tout autour. Des confrontations ont eu lieu entre les agents et les indignés.

Les manifestants ont ensuite circulé dans les rues de la ville, joints par des citoyens qui en étaient parfois à leur première participation.

À la tombée de la nuit, plusieurs milliers de personnes ont convergé vers la place Foley. Ils ont ensuite marché jusqu'au pont de Brooklyn, calmement, sur le trottoir réservé aux piétons. Ils chantaient: «Nous sommes inarrêtables, un autre monde est possible!» Le mouvement Occupy Wall Street estimait la foule à 20 000 personnes.

Sur la façade d'un édifice à l'entrée du pont, les indignés ont réussi à projeter le nom des villes «occupées» dans le monde, ainsi que le «99 %» dont ils se réclament, cette partie de la population qu'ils disent menée par le 1 % de la population le plus favorisé.

Au fil de la journée, certains New-Yorkais applaudissaient par leur fenêtre les indignés qui circulaient dans les rues. «La réalité, c'est qu'il y a un gouffre entre les riches et les pauvres et qu'il s'élargit constamment», a concédé un courtier en Bourse qui a croisé les indignés, Gene Williams. D'autres les invitaient plutôt à se trouver un emploi ou à «occuper un bureau».

En fin d'après-midi, le maire de New York, Michael Bloomberg, a minimisé le mouvement et les événements de la journée, déclarant qu'il y avait eu «peu de perturbations». «La vraie histoire pour les journaux de demain, c'est qu'il n'y avait pas tant de gens que ça», a dit M. Bloomberg.

Des manifestations pour célébrer l'anniversaire de la naissance d'Occupy Wall Street ont également eu lieu à travers les différentes villes occupées dans le monde. La journée a toutefois été calme pour les indignés de Montréal. Ils n'ont pas obtenu d'engagement de la Ville à tolérer leur présence en échange du démantèlement des structures inflammables de leur camp.

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D'après l'AFP, AP et le New York Times
17 commentaires
  • Moteur - Inscrit 18 novembre 2011 02 h 04

    Je me posais une question

    Ça prend comment de temps pour monter une tente?

    Je dis ça car le symbole de la tente est pour moi comme une excellente poudre à gratter qui irrite les autorités, en plus de multiplier par x la visibilité de chaque manifestant.

    Alors pourquoi ne pas faire du montage et démontage chaque jour?

    C'est une demi heure max pour chaque opération!

  • Jacques Morissette - Abonné 18 novembre 2011 02 h 12

    Un policier (retraité!) sympathisant à la cause des manifestants se fait arrêté.

    Occupy Wall Street : Un policier (retraité!) sympathisant à cause des manifestants se fait arrêté.

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedd

  • Pierre Cossette - Inscrit 18 novembre 2011 04 h 12

    Nouillorque, Nouillorque ...

    se tarte spreading the niouze. Si la tendance se maintient et que les Newyorkais s'y mettent, cette ville phare pour les Américains peut marquer le pas et un effet boule de neige pourrait s'ensuivre. J'ose à peine imaginer comment les patrons des salles de presse des média traditionnels doivent se gratter la tête pour ne pas rapporter la nouvelle et ainsi attiser le feu qui gronde.

  • Pierre Lachance - Inscrit 18 novembre 2011 04 h 25

    Juste une question

    Est ce qu'Obama a commenté?
    merci

  • Sanzalure - Inscrit 18 novembre 2011 05 h 56

    Les policiers font tous partie du 99%

    Ceux d'entre eux qui continuent d'obéir aux ordres du 1% sont gravement affectés par le «syndrome du larbin». Le jour viendra où ils comprendront qu'ils se font avoir eux aussi et ils marcheront dans la rue avec le reste de la population.

    Serge Grenier

    P.S. À Monsieur Bloomberg : êtes-vous conscient que ce sont les gens comme vous qui soulèvent l'indignation et la colère dans le monde entier ?