Les inégalités de revenus s'accroissent aux États-Unis

C’est une statistique qui risque d’attiser la colère des indignés de Wall Street: les ultrariches du pays ont considérablement amélioré leur sort au cours des dernières années. Entre 1979 et 2007, cette frange privilégiée de la population a vu ses revenus grimper de 275 %. Les autres — 99 % des Américains — ont aussi connu une augmentation de leurs revenus, mais une hausse beaucoup plus modeste. Pour les plus pauvres, elle n’a pas dépassé 18 %. En fait de répartition de la richesse, on a déjà vu mieux. Même aux États-Unis!<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Robyn Beck C’est une statistique qui risque d’attiser la colère des indignés de Wall Street: les ultrariches du pays ont considérablement amélioré leur sort au cours des dernières années. Entre 1979 et 2007, cette frange privilégiée de la population a vu ses revenus grimper de 275 %. Les autres — 99 % des Américains — ont aussi connu une augmentation de leurs revenus, mais une hausse beaucoup plus modeste. Pour les plus pauvres, elle n’a pas dépassé 18 %. En fait de répartition de la richesse, on a déjà vu mieux. Même aux États-Unis!

Washington — Les Américains les plus riches ont vu leurs revenus s'accroître 15 fois plus vite que ceux des plus pauvres depuis 1979, révèle un rapport officiel au moment où le débat sur l'économie du pays oppose vivement Barack Obama et ses adversaires républicains.

Selon le rapport du Bureau du budget du Congrès (CBO), le 1 % des Américains les plus riches a plus que doublé sa part des revenus totaux du pays, de 8 % à 17 %, entre 1979 et 2007. Ces Américains les plus riches ont vu leurs revenus bondir de 275 % au cours de la même période, alors que les revenus des 20 % des Américains les plus pauvres ne gagnaient que 18%.

Les politiques gouvernementales sont devenues moins redistributives au fil du temps et «l'effet égalisateur des transferts et des taxes sur les revenus des ménages était moins important en 2007 qu'il ne l'était en 1979», pointe le rapport du CBO. Hier, un sondage publié par le New York Times et la chaîne de télévision CBS News soulignait par ailleurs que 66 % des personnes interrogées pensaient que la distribution des revenus et des richesses aux États-Unis devrait «être plus équitable».

À un peu plus d'un an des élections de novembre 2012, au cours desquelles les républicains espèrent détrôner un président Obama handicapé par le taux de chômage national qui se maintient obstinément à 9,1 %, le débat sur l'économie du pays oppose vertement M. Obama et ses adversaires.

Le Sénat, où les républicains détiennent une minorité de blocage, a rejeté le 20 octobre une mesure du plan emploi de M. Obama destinée à aider les États à embaucher de nouveau des enseignants, des secouristes et des policiers pour un coût de 35 milliards. Le 11 octobre, la chambre haute avait déjà rejeté dans son ensemble un plan de 447 milliards mêlant mesures de relance et allègements fiscaux pour la classe moyenne. Depuis, les démocrates ont promis de présenter ces mesures séparément.