Projet du gouverneur Scott Walker - Le Wisconsin se bat encore

Madison, Wisconsin — Environ 200 manifestants pro-syndicats ont quitté le Capitole du Wisconsin, hier, mais les autorités policières y entouraient les centaines d'autres qui avaient choisi de rester sur place, défiant l'échéance imposée par les autorités.

Plus de 70 000 personnes s'étaient retrouvées à Madison pour une douzième journée successive de manifestation contre le projet de loi controversé du gouverneur républicain Scott Walker, dépassant ainsi le record de foule établi la semaine précédente. Le projet de loi de M. Walker dépouillerait la quasi-totalité des fonctionnaires de leurs droits à une convention collective.

L'agence d'État responsable du Capitole a exigé le départ des manifestants réunis devant le bâtiment depuis près de deux semaines, arguant qu'un nettoyage devait être effectué. Si les citoyens ne quittaient pas les lieux avant 16h, hier, ils risquaient l'arrestation. Quelques heures avant l'échéance, la plupart des manifestants n'avaient visiblement pas l'intention de partir.

Un médecin a offert quelques conseils à la foule afin de se prémunir d'une possible répression policière. Il leur a notamment conseillé de serrer les poings pour éviter que les menottes ne coupent la circulation sanguine et de retirer leurs lentilles cornéennes dans le cas où les policiers feraient usage de produits pouvant endommager leurs yeux.

La police a affirmé que rien de tout cela ne serait nécessaire, tandis que le chef de police du Capitole, Charles Tubbs, a rappelé qu'aucune arrestation n'avait encore été faite.

Le projet de M. Walker retirerait aux travailleurs du secteur public le droit de négocier collectivement les conditions de travail et les avantages sociaux.

De passage sur un plateau télévisé de la chaîne NBC, M. Walker a martelé, hier, qu'il n'avait pas l'intention de reculer et que les deux semaines de manifestations n'avaient pas affaibli sa détermination à éliminer ces droits.
4 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 28 février 2011 08 h 22

    Et les journalistes du JdeM à genoux

    Une tendance, comme dit l'autre. Le capitalisme entend bien détruire tous les droits qu'ont réussi à obtenir les travailleurs de toutes sortes au prix de luttes dont a oublié les sacrifices sanglants. Péladeau fait au Québec ce que Walker fait au Wisconsin.
    Roland Berger

  • André Michaud - Inscrit 28 février 2011 09 h 01

    Transparence et Référendum=Démocratie

    Depuis le temps que les boss syndicaux négocient en secret avec nos élus, il serait temps d'avoir plus de transparence et de laisser décider démocratiquement les citoyens par référendum...Si j'étais politiciens c'est ce que je ferais. C'est ce que je conseille à M. Labeaume à Québec...

    En démocratie, les contribuables doivent enfin décider des conditions de travail de LEURS employés...car ce sont EUX qui paieront pas les politiciens..et beaucoup ont de conditions de travail très inférieures..

    Ceux qui ont le plus peur de la démocratie et de la transparence dans les négociations avec les employés des citoyens, ce sont les boss syndicaux..et ils veulent contourner la volonté populaire par leur lobbying intensif..car ils savent pertinemment qu'ils sont encore plus détestés par les citoyens que les politiciens..

    Les citoyens de cet état sont-ils derrière leur gouverneur ou derrière les boss syndicaux ? Laissons enfin les citoyens choisir, et assumer les conséquences.

  • Renaud Longchamps - Inscrit 28 février 2011 13 h 29

    Voler aux pauvres (et à la classe moyenne) pour donner aux riches

    Toute cette crise mondiale est le résultat de l'avarice et de l'avidité (greed) débridées du néolibéralisme qui, avec ses risques insensés, a conduit l'économie mondiale au bord du précipice. Les gouvernements ont alors dû sauver en catastrophe les banques et leurs traders en injectant des milliers de milliards de dollars dans le rachat de leurs produits toxiques ("bad banks"), le tout payé par le cochon de payant. Les banques se sont alors refaits une santé sur le dos du contribuable pour se payer en toute indécence des dizaines de milliers de milliards de bonus partout dans le monde tandis que nos bons gouvernements raclent les fonds de tiroir et tirent sur tout ce qui assure la plus élémentaire cohésion sociale.

    Maintenant, les contribuables ou ce qu'il en reste doivent passer à la caisse. Bienvenue à la thérapie de choc dans toute sa splendeur.

    Nous vivons une période pré-révolutionnaire...

  • Malartic - Inscrit 1 mars 2011 11 h 26

    Les syndicats et la "négociation"

    Il semble qu'un politicien a décider de mettre ses culottes. Il risque de payer en popularité... ou de gagner. Depuis longtemps les syndiqués "entre en négociation" en croyant que leurs revendications sont tout a fait justes, justifiés et acceptable. Ils ont pu imposer leur vues sur les administrations publique et les entreprises bénéficiant d'une position de monopole. Les gouvernement passent la facture au payeurs de taxes et les entreprises aux clients. Et tout le monde est heureux, la grève a été terminé. En entreprise privé ça mène souvent à la fermeture d'une usine, à court ou long terme. J'espère que s'il réussi, M. Walker n'abusera pas des sa position d'employeur libre de la pression des syndicats.