L'équipe Obama est divisée, affirme Bob Woodward dans un nouveau livre

Washington — Les principaux conseillers du président Barack Obama ont passé l'essentiel des 20 derniers mois à se quereller concernant les politiques à adopter et leurs juridictions respectives, pendant que certains membres de son équipe de sécurité nationale remettent en question sa stratégie afghane.

Le livre Obama's Wars du journaliste Bob Woodward affirme que les conseillers du président étaient profondément divisés face à la guerre en Afghanistan, au moment même où M. Obama décidait de tripler le nombre de soldats qui y étaient déployés.

M. Woodward précise que le principal conseiller de la Maison-Blanche pour l'Afghanistan et que son principal envoyé pour la région sont d'avis que cette stratégie est vouée à l'échec.

En privé, le président Obama aurait demandé à ses conseillers comment empêcher une dégradation du conflit afghan ainsi qu'une stratégie de sortie. Il aurait aussi demandé à son vice-président, Joe Biden, de s'opposer à une augmentation du nombre de soldats lors de leurs rencontres à ce sujet.

Un responsable de la Maison-Blanche a indiqué que le livre ne révèle rien de neuf concernant la stratégie américaine en Afghanistan, et qu'on ne devrait pas se surprendre que l'élaboration de cette stratégie ait donné lieu à des débats vigoureux.

Le livre est attendu sur les tablettes la semaine prochaine, mais deux des principaux quotidiens du pays — le New York Times et le Washington Post, pour qui travaille M. Woodward — en ont obtenu des copies. Les extraits qu'ils publient indiquent que les échanges au sein de l'administration Obama ont été encore plus acrimonieux qu'on ne le croyait.

Le vice-président Biden qualifie ainsi Richard Holbrooke — le représentant spécial du président en Afghanistan et au Pakistan — de «bâtard le plus égoïste que j'aie jamais rencontré». Plusieurs autres responsables se seraient inquiétés du conseiller à la sécurité nationale James Jones.

Le chef d'état-major de l'armée américaine, l'amiral Mike Mullen, croyait de son côté que son adjoint, le général James Cartwright, complotait dans son dos, tandis que le général Cartwright méprisait l'amiral Mullen pour son manque d'expérience en situation de combat.

Le général David Petraeus, qui a pris le commandement en Afghanistan cet été, détestait discuter avec le conseiller principal du président, David Axelrod, parce que ce dernier était un «manipulateur de médias».

Le livre détaille aussi une querelle entre l'amiral Dennis Blair, qui était alors directeur national du renseignement, et le chef de cabinet de M. Obama, Rahm Emanuel, et John Brennan, le conseiller au contreterrorisme.

M. Woodward affirme enfin que les États-Unis savent que le président afghan Hamid Karzaï souffre d'un trouble bipolaire pour lequel il est soigné. Un porte-parole de M. Karzaï a réfuté ces allégations.