Une coalition d'ONG américaines s'insurge - Inquiétudes concernant les droits des terroristes présumés

Washington — Une coalition de 35 organisations américaines de défense des droits a écrit au ministère de la Justice Eric Holder pour l'exhorter à ne pas assouplir les règles présidant aux premiers interrogatoires d'un suspect dans les cas de terrorisme.

Dans cette lettre, dont l'AFP s'est procuré copie hier, ces organisations «expriment leur inquiétude» devant les propos de M. Holder appelant à «moderniser et clarifier» ces règles lorsque la personne interpellée est soupçonnée d'acte terroriste.

«Les lois actuelles sont suffisamment souples pour protéger la population contre une menace terroriste imminente tout en permettant que les déclarations faites par l'accusé soient utilisables devant un tribunal», assurent ces groupes, parmi lesquels Human Rights Watch ou la puissante Association de défense des libertés civiles (ACLU).

À l'origine de leurs craintes, l'annonce récente par M. Holder d'une possible révision, avec l'aide du Congrès, de l'«exception pour raison de sécurité nationale» à la lecture, obligatoire aux États-Unis, à un suspect de ses droits — à garder le silence, à réclamer les services d'un avocat, etc.

Cette exception, créée au début des années 80 dans un cas de braquage de supermarché, où les policiers voulaient trouver l'arme, vise à obtenir du suspect des renseignements immédiats sur une menace imminente avant de lui signifier qu'il peut garder le silence et d'entrer dans l'investigation proprement dite des faits qui lui sont reprochés.

«Dans les seuls cas de terrorisme et d'aucune autre façon, moderniser, clarifier, assouplir l'utilisation de l'exception pour raison de sécurité nationale serait profitable», a déclaré la semaine dernière M. Holder devant la Chambre des représentants. Il avait quelques jours auparavant assuré sur plusieurs chaînes de télévision américaines que la menace nouvelle que constitue le terrorisme impliquait «davantage de souplesse» pour les enquêteurs.