Obama cherche à convaincre de la nécessité d’une réforme de la finance

Barack Obama a défendu aujourd’hui à Wall Street son projet de réforme du secteur financier, appelant à une meilleure régulation par l’adoption de règles de «bon sens», sous peine de voir se répéter la crise financière de l’automne 2008.

«Le système tel qu’il est a conduit à une série de renflouages massifs, coûteux pour les contribuables», a affirmé le président américain, lors d’un discours à l’université Cooper Union de New York.

Accueilli sous un tonnerre d’applaudissements, Barack Obama a affirmé que la proposition de loi de réforme de la finance «mettrait un terme au renflouage financé par les contribuables».

Barack Obama espère rallier les républicains du Sénat à sa cause et convaincre Wall Street de participer à la réforme, plutôt que de la combattre. Les «deux propositions de loi constituent des améliorations majeures par rapport aux règles défectueuses que nous avons aujourd’hui», a commenté le président Obama.

Le projet prévoit, d’une part, la création d’un fonds de 50 milliards de dollars permettant la liquidation des banques et autres institutions financières dont l’importance est telle que leur effondrement menace le système financier dans sa totalité. Le but est d’empêcher les renflouements avec l’argent du contribuable auxquels avait été contrainte l’administration Bush en 2008 pour sauver certains poids lourds de la finance américaine, comme l’assureur AIG.

Autre disposition de la réforme, le renforcement de la surveillance du marché des produits dérivés, des instruments financiers complexes dont la valeur est fondée sur celle d’autres investissements rendus en partie responsables de la crise. Le projet prévoit enfin la création d’un conseil chargé de détecter les menaces sur le système financier lui-même et d’une agence de protection des droits des consommateurs face aux banques.

Alors candidat, Barack Obama s’était exprimé au même endroit en mars 2008 pour critiquer les pratiques en cours dans le temple de la finance mondiale.

«Depuis la dernière fois où je me suis exprimé ici, il y a deux ans, notre pays a traversé une épreuve terrible», a-t-il dit, soulignant la perte de plus de huit millions d’emplois, la disparition de «petits commerces innombrables», de billions de dollars d’économies perdues et de personnes forcées à retarder leur passage à la retraite ou leurs études.

«Je ne trouve aucune satisfaction à ce que mes propos aient été largement confirmés par les événements qui ont suivi», a ajouté le président Obama.
2 commentaires
  • ysengrimus - Inscrit 22 avril 2010 16 h 16

    Assez de spéculation, en effet...



    Ils doivent en effet freiner une spéculation qui, en fait, leur échappe et est plus forte qu'eux. Il y a, en effet, spéculation et spéculation…

    http://ysengrimus.wordpress.com/2009/08/15/la-spec

    Choisissez votre sac de nœuds… Ces faux experts y peuvent bien peu.
    Paul Laurendeau

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 22 avril 2010 18 h 47

    Bel exemple de leadership

    Le courage de Obama s`est fait sentir sur l`assurance santé universelle. Cette fois-ci il confronte les pachas de Wall Street. Autant le risque est élevé autant la récompense le sera. Obama s`engage à faire de son pays un meilleur milieu social et le peuple s`en souviendra une fois le temps venu. Quel bel exemple à suivre pour nos politiciens sans courage ni valeur morale. Le Québec a besoin d`un Obama qui fait rêver et se dédie à l`excellence.