Réforme du système de santé aux États-Unis - Obama exige un vote rapide

«Je ne vois pas comment une autre année de négociations aiderait», a déclaré le président américain.
Photo: Agence Reuters Kevin Lamarque «Je ne vois pas comment une autre année de négociations aiderait», a déclaré le président américain.

Washington — Barack Obama a lancé hier un appel au vote de son plan de réforme de la santé, même à une faible majorité, en estimant que la question étant trop importante pour être encore retardée après une année de débats.

«Le peuple américain attend du gouvernement qu'il dirige, a lancé le président américain à la Maison-Blanche, entouré de médecins et d'infirmières en blouse blanche. Tout ce qui devait être dit sur la santé a été dit et tout le monde s'est exprimé. Aussi, le temps est venu maintenant de prendre une décision sur la façon de réformer enfin le système de santé de façon que ça marche, pas simplement pour les compagnies d'assurances, mais pour les familles et les entreprises américaines.»

Des idées des deux camps

Le plan promu par le président comprend, a-t-il souligné, à la fois des idées des démocrates de son camp et de l'opposition républicaine, farouchement opposée à l'idée d'une réforme de fond d'un secteur pharmaceutique évalué à 2500 milliards de dollars (1800 milliards d'euros), soit un sixième de la richesse américaine.

«Compte tenu de ces divergences honnêtes et substantielles entre les partis sur la nécessité de réglementer le secteur de l'assurance et la nécessité d'aider des millions de familles de la classe moyenne à obtenir une couverture, je ne vois pas comment une autre année de négociations aiderait», a déclaré le président.

Les compagnies d'assurances continuent à augmenter leurs primes, a-t-il dit. «Pour nous, recommencer maintenant depuis le début conduirait simplement à un retard de dix ans ou même plus», a-t-il affirmé.

Les démocrates se préparent à faire passer un texte final au Sénat sans le soutien de l'opposition via un processus dit «de réconciliation», nécessitant un vote à la majorité simple au lieu de la majorité qualifiée habituelle de 60 voix nécessaire sur 100.

«Je pense que le Congrès des États-Unis doit au peuple américain un vote final sur la réforme de la santé», a déclaré le président, en montrant qu'il soutenait ce processus.

Contexte préélectoral

L'enjeu politique est important. Le taux d'approbation de l'action du président dans les sondages a baissé pendant que la bataille faisait rage sur la réforme de la santé et que le taux de chômage montait à environ 10 % de la population active.

Avec les élections de mi-mandat en novembre, où seront renouvelés plus d'un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants, les démocrates veulent avoir la réforme de la santé derrière eux pour se concentrer sur l'emploi et l'économie.

Les républicains affirment que l'opinion publique ne veut pas d'une réforme massive, qui, disent-ils, est trop chère compte tenu du déficit public.

Le processus en passe d'être retenu pour faire voter définitivement la réforme de la santé se fera en deux étapes. La Chambre approuvera le texte voté par le Sénat et les changements au texte du Sénat souhaités par la Chambre seront votés à part via le processus dit de «réconciliation».

À Wall Street, l'indice Morgan Stanley .HMO des assureurs santé gagnait plus de 1 % en fin de séance hier.