Réforme de la santé - Obama courtise les républicains

Washington — Le président américain, Barack Obama, a proposé hier d'inclure dans sa réforme de la couverture maladie quatre idées mises de l'avant par des élus républicains, dans l'espoir d'obtenir leur soutien pour l'adoption de cette réforme historique.

Dans une lettre adressée aux dirigeants démocrates et républicains du Congrès, le président a souligné que le sommet de jeudi dernier réunissant des élus des deux partis avait été pour lui «l'occasion de préciser les idées sur lesquelles nous sommes d'accord et celles sur lesquelles nous sommes en désaccord». «Les approches républicaines et démocrates sur la santé ont plus en commun que ce que les gens pensent», a-t-il écrit.

Le président souhaite par exemple inclure une proposition du sénateur Tom Coburn, lui-même médecin, qui vise à combattre la fraude à l'assurance santé en impliquant les professionnels dans des enquêtes sur les prestataires du secteur qui reçoivent des fonds publics.

M. Obama propose également de prendre en considération une idée soulevée par le sénateur Chuck Grassley, le plus haut membre républicain de la commission des finances: augmenter les remboursements aux médecins qui travaillent dans le cadre du Medicaid (assurance santé pour les défavorisés). Les deux autres idées républicaines touchent à la question des erreurs médicales et du développement de comptes épargne santé.


Jamais

Le chef de la minorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, a répondu à la proposition du président en répétant l'exigence de son parti de jeter aux orties le projet démocrate. «Je n'ai pas vu la lettre, mais pour ce que j'en comprends, il y a un certain manque d'équilibre», a-t-il dit. «Ce qu'il faut, c'est remiser le projet de loi de 2700 pages, recommencer à zéro, et procéder étape par étape.»

Les démocrates se montraient pourtant confiants sur l'issue des négociations pour la réforme. Le chef de la majorité démocrate, Steny Hoyer, a estimé que certains des élus qui avaient voté «non» à la version adoptée en novembre en première lecture pourraient voter «oui» prochainement à une version inspirée de celle du Sénat. «Les projets de loi changent et les élus les considèrent alors d'un oeil différent», a-t-il dit.

À la fin du sommet de jeudi dernier, M. Obama avait prévenu les républicains qu'il avancerait dans sa réforme de l'assurance maladie avec ou sans leur appui. Et les démocrates semblent désormais prêts à recourir à une tactique législative controversée, dite de «réconciliation», qui permettrait l'adoption d'une réforme en passant outre la minorité de blocage dont disposent les républicains au Sénat.