Obama et les républicains constatent leurs désaccords sur la santé

Le président Barack Obama était entouré des poids lourds démocrates pour la rencontre d’hier.
Photo: Agence Reuters Jason Reed Le président Barack Obama était entouré des poids lourds démocrates pour la rencontre d’hier.

Washington — Le président des États-Unis, Barack Obama, et une quarantaine d'élus républicains et démocrates ont débattu hier du dossier de l'assurance maladie devant les caméras, tentant de trouver des convergences, mais constatant souvent leurs désaccords.
À l'issu des délibérations, le président a prévenu qu'il irait de l'avant dans sa réforme avec ou sans l'appui des républicains.

Obama a ouvert le bal hier matin en affirmant que le coeur du problème réside dans le fait que trop d'Américains ne disposent d'aucune assurance maladie, notamment parce que les assureurs refusent de leur fournir des polices en raison de leur bilan de santé ou annulent leurs polices après avoir versé des indemnisations.

46,3 millions d'Américains se trouvaient dans cette situation en 2008, selon les chiffres officiels et ce nombre a probablement augmenté depuis lors en raison des pertes d'emplois. (Aux États-Unis, plusieurs sociétés offrent des assurances à leurs employés.)

Entre autres mesures pour remédier à la situation, le président et ses alliés démocrates ont proposé la création de bourses des assurances afin de permettre aux citoyens américains de s'assurer plus facilement et à meilleur coût, tandis que leurs adversaires républicains pont mis en avant diverses solutions à la pièce, accusant le camp présidentiel de viser une prise en charge du système de santé par l'État.

Les républicains se sont notamment opposés à l'idée d'obliger les Américains à souscrire à une police d'assurance-maladie.

Le débat a également porté sur le coût des réformes proposées le camp présidentiel jugeant qu'elle aura pour effet de réduire le déficit fédéral et les républicains affirmant le contraire.

Lors d'un vif échange, l'adversaire républicain à la présidence en 2008, le sénateur John McCain, a par ailleurs reproché aux démocrates leur manque de transparence dans ce débat.

«Nous ne sommes plus en campagne», a lancé M. Obama après que le sénateur de l'Arizona lui eut fait remarquer que «les Américains sont en colère [...] nous leurs avions promis du changement à Washington».

Le chef des démocrates au Sénat, Harry Reid, avait auparavant affirmé qu'un autre élu républicain «avait le droit d'avoir ses propres opinions, mais pas ses propres faits», autre signe de crispation dans un Congrès où la coopération entre républicains et démocrates a été rare depuis l'investiture de M. Obama.

M. Obama, qui a divulgué lundi sa propre version du projet, a pris le contrôle des débats de jeudi, donnant la parole aux différents intervenants et tentant de cadrer la longueur de leurs interventions, dans un rare exercice public.

Les élus démocrates ont évoqué au grand jour une stratégie en cas d'échec du sommet.

Il s'agirait d'avoir recours à une procédure exceptionnelle, dite de «réconciliation», qui permettrait de faire passer la réforme en force au Sénat via un vote à la majorité simple, en s'affranchissant de toute tentative de blocage. Elle est toutefois réservée aux projets relatifs aux dépenses de l'État, ce qui limiterait la portée du plan.

Le sénateur républicain Lamar Alexander a exhorté les démocrates à renoncer à cette manoeuvre. «Il faut renoncer à faire passer [le projet] en force unilatéralement», a-t-il remarqué. Dans le cas contraire, «tout ce que nous faisons aujourd'hui n'est pas pertinent».

«Nous ne pouvons pas débattre pendant encore un an là dessus», a affirmé M. Obama en concluant la rencontre. Il a dit avoir noté au cours de la discussion des points de convergence avec l'opposition républicaine, notamment sur des aspects de la réforme comme la lutte contre les erreurs médicales, le marché de l'assurance et le coût de l'assurance maladie. Mais il a avoué ne pas savoir s'il était possible de réconcilier d'autres positions «philosophiques» très éloignées.