Obama exprime son soutien au dalaï-lama

Tongren, Chine — Les autorités chinoises ont convoqué ce matin l'ambassadeur des États-Unis pour lui faire part officiellement de leur mécontentement après la rencontre entre le président Barack Obama et le dalaï-lama.

Tentant de ménager les susceptibilités chinoises, Obama a reçu le chef spirituel des Tibétains à la Maison-Blanche, mais a pris garde de ne pas donner un tour officiel à cette rencontre.

Chose inhabituelle de la part d'un visiteur de marque, le dalaï-lama s'est avancé à l'extérieur de la résidence vers les nombreux journalistes présents, à l'issue de sa visite de 45 minutes, et s'est adressé directement à eux.

Il a déclaré que sa cause était «juste» et «pacifique» et s'est dit «très heureux» de son entrevue avec M. Obama.

M. Obama «a fait part de son fort soutien envers la préservation de l'identité religieuse, culturelle et linguistique unique du Tibet et à la protection des droits humains des Tibétains au sein de la République populaire de Chine», a déclaré de son côté le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs.

Malgré cette retenue de Washington, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a jugé que cette entrevue constituait «une violation de la reconnaissance répétée par le gouvernement américain que le Tibet faisait partie de la Chine».

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Cui Tiankui, a «transmis une plainte solennelle» à l'ambassadeur américain Jon Huntsman, a rapporté l'agence officielle Chine nouvelle.

Les autorités chinoises n'ont toutefois pas brandi la menace de mesures de rétorsion et leur réaction est dans la droite ligne des dénonciations faites par le passé.

Dans la région de Tongren, à majorité tibétaine, des moines ont exprimé leur soutien à la rencontre entre Obama et le dalaï-lama, tirant des feux d'artifice en signe de liesse.
2 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 19 février 2010 09 h 55

    Le double chapeau

    À l'instar de Benoît XVI, le dalaï-lama est un chef spirituel ou un chef politique selon les circonstances. On appelle ça jouer sur les deux tableaux, avec la connivence, croit-on, de l'Être suprême, appelé Dieu ou Bouddha. Pour une plus grande transparence, ça va de soi !
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Drachme - Inscrit 19 février 2010 11 h 30

    Bouddha n'est pas une divinité

    Bouddha n'est pas une divinité et, contrairement au Christ, il ne s'est jamais présenté comme tel. C'était un sage, un philosophe mystique mais pas un prophète. Le bouddhisme, d'ailleurs, est davantage une philosophie, tout au plus une approche spirituelle, qu'une religion à proprement parler. D'ailleurs, il est possible d'être Chrétien ou Juif et d'adhérer à la philososphie ou à la discipline bouddhiste.