Le responsable de la tuerie de Fort Hood tentait depuis des années de quitter l'armée

Le matin encore de la tuerie, le commandant Nidal Malik Hasan, vêtu d'une dishdasha, une grande tunique blanche traditionnelle dans les pays arabes, achetait tranquillement son café et ses pommes de terre sautées au drugstore du coin. «Il avait l'air normal», a confié le patron, et on le voit même souriant sur la vidéo de surveillance. Sept heures plus tard, le commandant Hasan, 39 ans, ouvrait le feu dans un centre médical de Fort Hood, au Texas, faisant 13 morts et 30 blessés, le plus lourd bilan pour une telle fusillade sur une base militaire américaine à ce jour.

Selon le commandant de Fort Hood, le tueur aurait crié «Allah Akbar» avant de tirer sur ses camarades. Blessé par les balles d'une policière, qui était l'une des rares personnes armées en cet endroit de la base, le commandant Hasan a été hospitalisé. Il était vendredi dans une condition «stable», sous respiration artificielle.

«Il nous disait que l'armée était toute sa vie», a confié sa tante Noel Hasan aux journalistes qui tentent maintenant de comprendre comment ce psychiatre militaire a pu soudain se transformer en tueur. L'armée était sa vie, mais Nidal voulait aussi quitter les rangs, ont raconté ses proches. «Depuis le 11-Septembre, il essayait de quitter l'armée, car on lui menait la vie dure», a indiqué cette tante, chez qui il passait une bonne partie de son temps libre. Selon elle, Nidal était aussi très éprouvé par les récits de ses patients, des soldats de retour de mission en Irak ou en Afghanistan: «Il nous avait raconté combien c'était pénible pour lui.» Nidal redoutait d'être envoyé en Irak, a ajouté son cousin Nader Hasan, avocat en Virginie: «Il était mortifié à l'idée de devoir être déployé sur le terrain, c'était sans doute son pire cauchemar». Selon ce cousin, le commandant Hasan avait fait appel à un avocat pour quitter l'armée, «il était prêt à rembourser l'État» pour sa formation, mais toutes ses tentatives pour quitter les rangs avaient tourné court.

Opposé à la guerre

Un ancien colonel, Terry Lee, qui avait travaillé avec le commandant Hasan, a confirmé que celui-ci avait fait le tour de ses supérieurs pour tenter d'échapper à un prochain déploiement en Irak ou en Afghanistan. Le commandant Hasan s'était aussi insurgé, en public, contre ces deux guerres, a rapporté ce colonel: «Il avait dit plusieurs fois que nous ne devrions pas être là-bas. Il avait dit que les musulmans devraient peut-être se lever et se battre contre l'agresseur. Il espérait que le président Obama allait retirer les troupes.»

Né aux États-Unis, en Virginie, de parents originaires de Palestine, qui possédaient un restaurant et une épicerie, Nidal Malik Hasan choisit de rejoindre l'armée après l'école. Contre l'avis de ses parents. «Il disait: je suis né et j'ai été élevé ici. Je vais faire mon devoir pour ce pays», a rapporté son cousin Nader Hasan. Au sein de l'armée, il a pu poursuivre des études supérieures en chimie, puis en psychiatrie. Les membres de sa famille le décrivent comme travailleur, soucieux de sa carrière, mais aussi de plus en plus dévot après la mort de son père, en 1998, puis de sa mère, en 2001. L'ancien imam de la mosquée qu'il fréquentait en Virginie, Faizul Khan, connaissait aussi Nidal, qu'il décrit comme fier de servir l'armée et «très sérieux au sujet de sa religion». Il s'était inscrit dans les registres matrimoniaux de la mosquée pour chercher une épouse, mais en vain. «Il voulait une femme qui prie cinq fois par jour et porte le hidjab», se souvient M. Khan. Au patron du drugstore de Fort Hood, le commandant Hasan avait aussi confié être à la recherche d'une épouse, sans plus de succès. Curieusement, dans ses documents militaires, il avait affirmé «[ne pas avoir] de préférence religieuse».

Né aux États-Unis, en Virginie, de parents originaires de Palestine, qui possédaient un restaurant et une épicerie, Nidal Malik Hasan choisit de rejoindre l'armée après l'école. Contre l'avis de ses parents. «Il disait: je suis né et j'ai été élevé ici. Je vais faire mon devoir pour ce pays», a rapporté son cousin Nader Hasan. Au sein de l'armée, il a pu poursuivre des études supérieures en chimie, puis en psychiatrie. Les membres de sa famille le décrivent comme travailleur, soucieux de sa carrière, mais aussi de plus en plus dévot après la mort de son père, en 1998, puis de sa mère, en 2001. L'ancien imam de la mosquée qu'il fréquentait en Virginie, Faizul Khan, connaissait aussi Nidal, qu'il décrit comme fier de servir l'armée et «très sérieux au sujet de sa religion». Il s'était inscrit dans les registres matrimoniaux de la mosquée pour chercher une épouse, mais en vain. «Il voulait une femme qui prie cinq fois par jour et porte le hidjab», se souvient M. Khan. Au patron du drugstore de Fort Hood, le commandant Hasan avait aussi confié être à la recherche d'une épouse, sans plus de succès. Curieusement, dans ses documents militaires, il avait affirmé «[ne pas avoir] de préférence religieuse».

Au sein de l'armée, ses camarades le décrivent comme un «solitaire», évitant les femmes. Selon des officiers de Fort Hood, le commandant Hasan était «mécontent», car ses notes à l'hôpital militaire Walter Reed de Washington, où il avait fait ses classes d'interne, n'étaient pas bonnes. Ces mauvaises appréciations ne l'avaient pas empêché tout de même d'être promu commandant. En avril dernier, il avait été muté sur cette base de Fort Hood, préalable à un prochain envoi en Irak ou en Afghanistan.

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