États-Unis - Les secteurs industriel et immobilier relèvent la tête

Washington — Le secteur manufacturier aux États-Unis a connu en octobre son troisième mois consécutif de croissance pour atteindre un sommet de plus de trois ans, une performance qui pourrait doper la croissance américaine au quatrième trimestre.

Dans le même temps, les hausses inattendues des promesses de vente et des dépenses de construction en septembre sont autant de signes encourageants pour une reprise du marché immobilier dans le pays.

Selon l'étude mensuelle de l'Association nationale des agents immobiliers (NAR), publiée hier, le nombre des promesses de vente de logements signées aux États-Unis a progressé de 6,1 % en septembre, à 110,1 contre 103,8 (confirmé) en août.

L'indice du secteur manufacturier, publié hier par l'Institute for Supply Management (ISM), est lui ressorti à 55,7 en octobre contre 52,6 en septembre et 53 attendu par les économistes. Selon le président du comité d'étude de l'ISM, Norbert Ore, la croissance du PIB américain pourrait s'accélérer au quatrième trimestre à la faveur de ce bon chiffre, et afficher un gain de 4,5 % en rythme annualisé. «Il [semble] que l'activité manufacturière soit en train d'esquisser une reprise lente, mais constante», a-t-il déclaré lors d'une conférence téléphonique.

Le début d'une expansion

«Tous ces chiffres montrent une stabilisation et le début d'une certaine expansion. C'est dans la lignée de ce que nous observons ces derniers mois», estime Thomas Nyheim, de Christiana Bank & Trust. Pour Mark Vitner, économiste chez Wells Fargo Securities, ces chiffres «sont étonnamment solides». «C'est globalement robuste. Il semble que l'activité manufacturière soit de retour. Mais [ces chiffres] pourraient ne pas beaucoup compter pour la Fed. En majorité, ils confirment ce qu'elle a dit», a-t-il jugé.

La plupart des dirigeants de la Réserve fédérale américaine, qui se réunissent aujourd'hui et demain, anticipent une reprise lente, ce qui les prive de tout argument pour relever les taux d'intérêt, actuellement tout près de zéro.

Les États-Unis sont sortis de la récession au troisième trimestre avec une progression de l'activité de 3,5 % en rythme annuel.

L'indice ISM a atteint en octobre son plus haut niveau depuis avril 2006, mois où il était ressorti à 56. À plus de 50, l'indice témoigne d'une croissance, et d'une contraction dans le cas contraire.

Les dépenses de construction s'améliorent

La progression des promesses de vente, largement imputable au crédit d'impôt de 8000 $US accordé aux primo-acquérants, représente le huitième mois d'augmentation d'affilée de l'indice, une série inédite depuis 2001, année de sa création. À ce niveau, l'indice est au plus haut depuis décembre 2006. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un indice inchangé en septembre. «Nous assistons à une ruée des primo-acquérants qui tentent de conclure les transactions avant l'expiration du crédit d'impôt, à la fin de ce mois», juge Lawrence Yun, économiste en chef de la NAR.

De leur côté, les dépenses de construction aux États-Unis ont enregistré en septembre leur hausse la plus marquée depuis un an, alors que les économistes anticipaient un repli. D'après les chiffres du département du Commerce, elles ont progressé 0,8 % en septembre, contre un recul de 0,1 % en août (révisé de +0,8 %) et une contraction de 0,2 % anticipée par les économistes interrogés par Reuters.

Les dépenses de construction publique, soutenues par le plan de relance gouvernemental, ont progressé de 1,3 % à 326,4 milliards $US, leur plus haut niveau absolu, après une baisse de 1,1 % en août.

Côté construction résidentielle, les dépenses ont avancé de 3,9 %, leur plus forte hausse depuis juillet 2003 et un signe encourageant sur un marché du logement sinistré. En août, elles avaient progressé de 3,8 % (chiffre révisé de 4,7 %).

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