À Montréal, George W. Bush est accueilli par des manifestants - Applaudi dedans, hué dehors

Quand on s’appelle George W. Bush, on sait que peu importe dans quelle ville on est invité, on sera accueilli par des manifestants. À Montréal hier, ils étaient quelques centaines, dont plusieurs avaient une chaussure à la main.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Quand on s’appelle George W. Bush, on sait que peu importe dans quelle ville on est invité, on sera accueilli par des manifestants. À Montréal hier, ils étaient quelques centaines, dont plusieurs avaient une chaussure à la main.

À Montréal, hier, George W. Bush a prononcé une troisième conférence en sol canadien en trois jours, après celles d'Edmonton et de Saskatoon. L'ancien président américain a défendu ses réalisations, n'hésitant pas à manier l'humour et même l'autodérision. L'auditoire, composé en grande partie de gens d'affaires, a apprécié. À l'extérieur, plusieurs manifestants ont cependant conspué M. Bush.

George W. Bush, qui se trouvait à Montréal pour la première fois de sa vie à l'invitation de la Chambre de commerce, a réussi à charmer quelque 1300 convives à l'hôtel Le Reine Elizabeth, en multipliant les blagues et les clins d'oeil à ses hôtes canadiens, tout en affirmant qu'il ne regrette aucune des décisions prises pendant ses deux mandats, dont celle de lancer son pays dans une guerre en Irak.

À aucun moment l'ancien président des États-Unis n'a évoqué la question des prisonniers torturés, qui a terni sa présidence et la réputation de son pays.

M. Bush, qui en était à sa cinquième conférence au Canada depuis qu'il a quitté ses fonctions en janvier, a affirmé qu'il a toujours eu «de bonnes relations» avec les premiers ministres Jean Chrétien, Paul Martin et Stephen Harper, «même s'ils n'étaient pas toujours d'accord avec moi».

«J'espère que les Américains réalisent la chance qu'ils ont d'avoir au nord une frontière beaucoup moins troublée que celle qu'ils ont au sud avec le Mexique», a également affirmé le 43e président des États-Unis. Ce dernier a été particulièrement applaudi lorsqu'il a vanté le libre-échange canado-américain. Il a notamment critiqué les clauses protectionnistes du plan américain de relance de l'économie.

Toujours au sujet des relations canado-américaines, il a remercié le Canada de fournir le pétrole et le gaz dont les États-Unis ont besoin en attendant de développer d'autres sources d'énergie, dont le nucléaire, avec de l'uranium canadien...

M. Bush a affirmé hier que la décision d'attaquer l'Irak n'avait été prise qu'en dernier recours, après que le régime de Saddam Hussein eut, selon lui, refusé de collaborer avec les inspecteurs en armement de l'ONU. Il a répété que «le monde se trouve mieux sans Saddam Hussein», qui disposait selon lui des «connaissances» nécessaires pour produire des armes nucléaires, même s'il a été démontré qu'il n'en produisait pas en 2003.

M. Bush est revenu pendant un moment sur son expérience personnelle du 11 septembre 2001. Il aurait compris en prenant connaissance du troisième attentat (contre le Pentagone) que son pays était engagé dans «une guerre contre des idéologues prêts à tuer des innocents». «La meilleure façon de protéger les innocents, a-t-il déclaré, c'est de passer à l'offensive» et, à plus long terme, de «propager la liberté et la démocratie».

Selon M. Bush, la guerre en Irak «faisait partie du même conflit [qu'en Afghanistan], contre une idéologie opposée à la liberté».

Sur la crise financière de l'an dernier, il a raconté que sa philosophie personnelle lui dictait de ne pas intervenir, mais qu'il s'est laissé convaincre par le secrétaire au Trésor Henry Paulson et le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke, qui brandissaient le spectre d'une réédition de la dépression des années 1930.

L'ancien président a réitéré son engagement à ne pas critiquer son successeur: «Je n'aimais pas être critiqué quand j'étais président et il y a assez de gens qui critiquent Barack Obama aujourd'hui.»

En revanche, il a eu des propos assez durs à l'égard de sa propre formation politique, le Parti républicain, dont il a reconnu qu'elle aura besoin de s'éloigner de l'extrême droite pour regagner la faveur populaire.

Répondant à une question du publicitaire John Parisella après son allocution, M. Bush a reconnu les ratés de sa réaction à l'ouragan Katrina, de même que certaines déclarations malheureuses, comme le «Mission accompli» prononcé le 1er mai 2003. Dans ce qui semblait un lapsus, il a plutôt dit hier: «Mission impossible».

À l'extérieur de l'hôtel, quelques centaines de manifestants dénonçaient à grands coups de slogans, de banderoles et de souliers lancés la présence de George W. Bush à Montréal. Les policiers étaient déployés en grand nombre et aucun manifestant n'a réussi à s'infiltrer à l'intérieur de l'hôtel. Deux arrestations ont eu lieu.

Avec La Presse canadienne
1 commentaire
  • Jack Scala - Inscrit 23 octobre 2009 08 h 05

    Combien ?

    J'aurai simplement deux ou trois questions à propos de l'acceuil que nous avons fait au pantin de service ...Combien cela coûte aux contribuables que nous sommes (déplacements, hôtel, sécurité...), est ce que Georges Bush va payer des impôts au Canada comme cela se doit quand vous réaliser des préstations payées 150.000 $ et plus et de trois comment autant de personnes puissent aller écouter un homme aussi stupide qui ne sait pas plus gérer son argent personnelle (tout est entre les mains de son père) qu'une nation ? et de plus comment la Chambre de commerce de Montréal peut inviter un tel personnage qui a, il n'y a pas si longtemps traité notre pays de traitre...Comme quoi certains baissent leurs pantalons plus vite qu'il ne faut pour le dire.