Guantánamo - Des élus interdisent le transfert de détenus aux États-Unis

Washington — La commission des Services armés de la Chambre des représentants américaine a interdit hier, dans le cadre du projet de budget 2010 de la Défense, le transfert vers les États-Unis de détenus de Guantánamo.

La commission a approuvé par 61 voix à 0 le budget du ministère de la Défense américain pour l'exercice 2010, soit 550,4 milliards de dollars.

Le projet de budget, qui devra être approuvé par la Chambre dans son ensemble, prévoit également la mise à disposition du ministère de 130 milliards de dollars pour les opérations en Irak et en Afghanistan, ou tout autre théâtre d'opération étranger éventuel.

Mais le texte ne contient pas de fonds visant à financer des transferts de détenus de Guantánamo vers les États-Unis pour l'exercice 2010 qui commence le 1er octobre 2009.

«Il est interdit de transférer les détenus sans que le président [Barack Obama] ait présenté un plan sur les dangers potentiels pour les États-Unis, leurs territoires et possessions, sur la façon dont le président envisage d'atténuer ces risques et sur le sort de chaque détenu», lit-on dans le résumé du projet approuvé par la commission.

Début juin, les membres d'une sous-commission du Congrès chargée de la répartition de fonds publics avaient approuvé le budget 2010 du ministère de la Justice de 64,4 milliards de dollars, sans y inclure les fonds demandés par l'administration pour fermer Guantánamo.

Cette commission avait également interdit le transfert de détenus sur le sol américain.

Par ailleurs, le projet de budget supplémentaire pour financer les troupes américaines jusqu'au 30 septembre 2009, adopté par la Chambre mardi soir, ne fournit pas non plus de fonds pour la fermeture du camp. En revanche, dans ce cadre, un accord permet à l'administration de transférer des détenus sur le sol américain en vue de leur procès.

Le ministre de la Justice, Eric Holder, s'est dit convaincu hier que les États-Unis parviendraient «à trouver un pays d'accueil» pour la cinquantaine de détenus de Guantánamo considérés comme libérables.