États-Unis - Fusillade au musée de l'Holocauste

Une policière repousse les badauds en dehors du périmètre de sécurité érigé autour du musée de l’Holocauste.
Photo: Agence France-Presse (photo) Une policière repousse les badauds en dehors du périmètre de sécurité érigé autour du musée de l’Holocauste.

Washington — Un homme présenté par les médias américains comme un octogénaire prônant la supériorité de la race blanche a ouvert le feu hier au musée de l'Holocauste de Washington, provoquant la mort d'un agent de sécurité et semant la panique dans le coeur touristique de la capitale.

«Il est mort», a déclaré un porte-parole de la police au sujet de l'agent de sécurité, précisant que le tireur, également hospitalisé après avoir été atteint par balles lors de la fusillade, se trouvait «toujours dans un état critique».

Selon les premiers éléments recueillis sur place auprès de témoins et des autorités, l'homme est entré dans le musée de l'Holocauste armé d'un fusil et a tiré, blessant l'agent de sécurité et provoquant la riposte des autres gardiens tandis que les visiteurs paniqués se mettaient à couvert.

Le motif de cette fusillade qui a eu lieu peu avant 13h restait inconnu mais selon trois télévisions américaines, le tireur est un homme de 88 ans, identifié comme étant James Von Brunn. Connu pour avoir des liens avec des milieux prônant la supériorité de la race blanche et des organisations antigouvernementales, il a fait de la prison pour être entré muni d'un revolver à la banque centrale américaine en 1981. Ni le FBI, ni la police, ni le maire de Washington n'ont cependant confirmé ces informations ni donné le moindre détail sur le suspect.

Selon Mark Potok, un spécialiste des groupes d'extrême droite américains interrogé sur CNN, Von Brunn est une figure de ces milieux et défend dans ses écrits la thèse selon laquelle «les juifs contrôlent tous les autres groupes déplaisants, les Noirs, les basanés, les Jaunes, les gays [...] dans le but de détruire l'Amérique blanche et chrétienne au profit des juifs». Ces groupes «sont très actifs depuis quelques mois», et notamment l'élection de Barack Obama, le premier président noir des États-Unis, a souligné M. Potok.

Sous le bourdonnement des hélicoptères, la zone entourant le musée de l'Holocauste, située en plein coeur touristique de Washington à quelque 500 m de la Maison-Blanche, a été bouclée par la police, a constaté l'AFP. Le musée a été évacué dès les premiers coups de feu, a précisé un porte-parole de cette institution connue dans le monde entier.

Un témoin, Angela Andelson, 22 ans, habitant San Francisco (Californie) et qui était près de l'entrée quand la fusillade s'est déclenchée, a dit avoir entendu cinq coups de feu. «J'ai vu tous ces agents de sécurité qui se mettaient à couvert. J'ai jeté un coup d'oeil et j'ai vu le tireur qui entrait [...] avec une sorte de longue arme. J'ai couru dans une des expositions pour me mettre à couvert. Tout le monde criait et tentait de se protéger en s'aplatissant au sol, sous les bancs».

Cette fusillade intervient quelques jours seulement après une visite du président américain au Moyen-Orient et en Europe, où il a rendu hommage aux victimes de l'Holocauste en visitant le camp d'extermination de Buchenwald en Allemagne.

L'ambassade d'Israël à Washington a condamné la fusillade dans un communiqué, se disant «choquée et attristée» et indiquant «suivre la situation de près».

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