Discours historique du président américain au Caire - Obama plaide pour une nouvelle ère dans les relations entre les États-Unis et l'islam

Du haut de ces pyramides...
Photo: Agence Reuters Du haut de ces pyramides...

Le Caire et Dresde — Le président Barack Obama a plaidé jeudi au Caire pour une nouvelle ère dans les relations entre les États-Unis et le monde musulman, avant d'entamer en Allemagne la partie européenne de son voyage, centrée sur la victoire du «monde libre» contre le nazisme. Le «cycle de méfiance et de discorde doit s'achever», a lancé de l'Université du Caire M. Obama, en commençant en arabe par un «Salam aleikum» («Que la paix soit sur vous») à l'adresse des 1,5 milliard de musulmans.

Dans la soirée, il est arrivé à Dresde (est de l'Allemagne) au terme d'une tournée au Proche-Orient bien accueillie dans la région et à travers le monde, et ressentie par tous comme importante, y compris chez les Israéliens et les factions palestiniennes. «Je suis venu chercher un nouveau départ entre les États-Unis et les musulmans à travers le monde, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel, un départ fondé sur cette vérité que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas», a dit Barack Obama devant 3000 personnes triées sur le volet.

«Tant que nos relations seront définies par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine plutôt que la paix», a-t-il déclaré.

La discorde l'a emporté après la guerre en Irak, le scandale de la prison d'Abou Ghraïb, le camp de Guantánamo ou la priorité à la lutte antiterroriste de l'administration Bush après les attentats du

11 septembre 2001.

Questions épineuses

Mais M. Obama a également souligné que le monde musulman devait lutter contre les

«préjugés» antiaméricains, évoquant aussi les questions épineuses des droits de l'Homme et du statut de la femme.

Sur la question clé du conflit israélo-palestinien, il a considéré qu'il était désormais crucial de trouver une issue négociée en faveur de deux États, «seule solution» après des décennies d'impasse, de «pleurs» et de «sang». Tout en fustigeant le négationnisme de l'Holocauste, et soulignant le «lien inébranlable» entre son pays et Israël, il a réaffirmé que le temps était venu pour l'État hébreu de stopper la colonisation en Cisjordanie.

L'Autorité palestinienne a salué ce discours comme un «bon début», en rupture avec l'administration Bush. Son rival islamiste, le Hamas, a également relevé «un changement tangible», mais aussi «des contradictions». Israël, qui vit une passe délicate dans sa relation privilégiée avec Washington, a dit espérer une réconciliation avec le monde musulman, tout en insistant sur sa sécurité.

Le Hezbollah chiite libanais, par la voix du député Hassan Fadlallah, et l'Irakien Moqtada Sadr, leader radical chiite bête noire des Américains, ont été parmi les rares voix à juger négativement l'intervention.

Le chef du réseau extrémiste al-Qaïda Oussama Ben Laden et son adjoint, Ayman al-Zawahiri, avaient préalablement fustigé M. Obama, qualifiant sa visite «d'opération de relations publiques».

S'il a défendu clairement la politique américaine et de ses alliés en Afghanistan, c'est à une sorte d'autocritique que Barack Obama s'est livré sur la guerre en Irak, promettant une Amérique ouverte à l'approche multilatérale. À propos du programme nucléaire iranien controversé, il a invité l'Iran à «surmonter des décennies de méfiance».

Dans la matinée, M. Obama s'était entretenu avec le président égyptien Hosni Moubarak, 81 ans, considéré par ses partisans comme un pilier de la stabilité régionale et par ses détracteurs comme un autocrate.