Appel d'Obama à la réconciliation

Le président américain Barack Obama serre un soldat dans ses bras au cours de sa visite au camp Victory, près de Bagdad, hier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Le président américain Barack Obama serre un soldat dans ses bras au cours de sa visite au camp Victory, près de Bagdad, hier.

Arrivant de la Turquie, Barack Obama a fait un saut impromptu de cinq heures en Irak hier, pendant lesquelles il a exhorté le gouvernement chiite de Nouri al-Maliki à intégrer les sunnites au gouvernement et aux forces de l'ordre pour prévenir une dégradation de la situation à l'approche des élections nationales. En contrepartie, il s'est engagé à retirer l'essentiel des troupes américaines d'ici 19 mois.

Le président américain Barack Obama s'est entretenu avec le président irakien, Jalal Talabani, et ses deux vice-présidents, puis avec le premier ministre, Nouri al-Maliki, au camp Victory, non loin de Bagdad. C'était la dernière destination de sa productive tournée à l'étranger entreprise à Londres.

Bien qu'il ait salué les progrès politiques accomplis en Irak, il a fortement insisté pour que le premier ministre al-Maliki associe toutes les factions politiques au processus de réconciliation. «Il est absolument indispensable que tous les Irakiens soient intégrés au gouvernement et aux forces de sécurité [...] pour assurer un futur pacifique et prospère», a-t-il dit en allusion à la communauté sunnite, qui a perdu le pouvoir après la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003.

Barack Obama a également souligné que les États-Unis n'avaient «aucune revendication sur le territoire irakien ou ses ressources».

Après la rencontre, le premier ministre irakien a en retour assuré le président «que tous les progrès réalisés dans le domaine de la sécurité vont se poursuivre».

Retrait progressif pendant une période critique

Accueilli à l'aéroport par le général Ray Odierno, le plus haut responsable militaire américain en Irak, le président s'était auparavant exprimé devant les 600 soldats américains de Camp Victory, situé non loin de la capitale. Les félicitant pour leur travail, il les a avertis du même souffle que «ces dix-huit prochains mois constitueront une période critique», évoquant la date-butoir d'août 2010 fixée pour leur rapatriement.

«Vous jouerez un rôle essentiel pour nous permettre de garantir la stabilité de l'Irak, a-t-il poursuivi, et pour faire en sorte qu'il ne devienne pas un havre pour terroristes, afin que nous commencions à ramener nos gars à la maison.»

Devant l'enthousiasme des GI, qui l'ont acclamé à plusieurs reprises, il a rappelé que les «Irakiens doivent maintenant assumer la responsabilité de leur pays» et qu'il était de leur devoir d'assurer cette transition.

Le retour des soldats doit débuter lentement puis s'accélérer en 2010. Jusqu'à 50 000 soldats devraient toutefois rester en Irak après le délai de 19 mois pour poursuivre la lutte contre le terrorisme.

Peu avant la troisième visite de Barack Obama en Irak, dont deux avant son assermentation, l'explosion d'une voiture piégée a tué neuf personnes dans un quartier chiite de Bagdad. Cela s'ajoute à la plus récente vague d'attentats, qui ont fait de 34 à 37 victimes selon les sources.

Reconstruction de la confiance avec le monde arabe

En Turquie quelques heures plus tôt, Barack Obama a réitéré devant des étudiants d'Istanbul sa promesse de construire de nouvelles relations entre les États-Unis et l'islam. Il souhaite ouvrir un «nouveau chapitre de l'engagement américain» dans le monde. «Nous ne pouvons pas nous permettre de parler du passé et de nous focaliser uniquement sur nos différences ou de laisser les murs de la défiance se dresser autour de nous», a-t-il plaidé.

Le monde arabe semble réagir positivement au discours du 44e président des États-Unis. Ainsi, dans une entrevue publiée hier, Walid al-Moallem, ministre syrien des Affaires étrangères, a qualifié d'«importantes» et de «positives» les déclarations du président américain.

Le Devoir avec Associated Press, l'Agence France-Presse et Reuters

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