Cuba est prêt à dialoguer avec les États-Unis - Des parlementaires américains ont rencontré Raul et Fidel Castro

La Havane — Le président cubain Raul Castro a réitéré sa disposition à ouvrir un dialogue avec Washington dans un entretien à La Havane avec des parlementaires américains qui ont conclu hier une visite visant à amorcer un rapprochement avec Cuba, après 50 ans de confrontation.

C'était la première fois que Raul Castro, 77 ans, recevait des membres du Congrès depuis qu'il a pris officiellement, en février 2008, la succession de son frère Fidel à la tête de l'État communiste, sous embargo américain depuis 1962.

En accord avec les «principes maintenus» depuis la révolution de 1959, le général Raul Castro a réitéré sa «disposition à dialoguer sur tous les sujets, avec comme unique condition l'égalité souveraine des États et le respect absolu de l'indépendance nationale».

Les sept démocrates de la Chambre des représentants, qui ont rencontré hier Fidel Castro, doivent remettre un rapport au président Obama et au département d'État, avant le Sommet des Amériques qui a lieu du 17 au 19 avril à Trinité-et-Tobago, sans la présence de Cuba, dont la suspension en 1962 de l'Organisation des États américains (OEA) est aujourd'hui très contestée. Selon des sources concordantes à Washington, M. Obama devrait faire une annonce sur Cuba juste avant ce sommet.

«Notre conclusion est similaire à celle de la Chambre de commerce des États-Unis, c'est-à-dire que les deux pays profiteraient d'un commerce bilatéral» et d'une normalisation des relations, a déclaré Barbara Lee, à la tête du groupe reçu pendant quatre heures et demie par Raul Castro.

Les États-Unis sont déjà les premiers fournisseurs de denrées alimentaires à Cuba, ces produits n'étant pas soumis au régime d'embargo. «Notre message sera qu'il est temps de parler avec Cuba», a-t-elle conclu.

Fidel Castro, 82 ans, a accueilli favorablement la visite des parlementaires afro-américains, la première depuis juin 2007, dans un commentaire publié dans la presse locale.

Toujours influent, il a rapporté certaines déclarations des parlementaires estimant, selon lui, que «la levée de l'embargo ou la normalisation totale des relations» entre les États-Unis et Cuba pourrait entraver la réélection de Barack Obama.

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