Tous les soldats américains auront quitté l'Irak fin 2011, confirme Obama

Le commandant en chef a rendu visite aux marines hier.
Photo: Agence Reuters Le commandant en chef a rendu visite aux marines hier.

Lancée en mars 2003 par George W. Bush, la guerre américaine en Irak tire à sa fin. La mission de combat s'achèvera dès août 2010 et, seize mois plus tard, les derniers soldats auront quitté le pays.

«Je suis venu vous dire comment la guerre en Irak va finir», a annoncé hier le président Barack Obama dans un discours prononcé devant plusieurs centaines de marines et leurs familles à Camp Lejeune, une base militaire de Caroline du Nord.

Après avoir rendu hommage à leur «sacrifice», le président américain a indiqué que les deux tiers des troupes d'occupation américaines, actuellement 142 000 hommes, auront quitté l'Irak dans un an et demi. Il a déclaré son «intention» de «retirer toutes les troupes américaines d'Irak fin 2011, dans le cadre de l'Accord sur le statut des forces» (SOFA) ratifié en novembre dernier. Ce calendrier, négocié par George W. Bush, stipule un retrait total des forces américaines d'Irak pour le 31 décembre 2011.

«Notre mission de combat s'achèvera le 31 août 2010», a-t-il déclaré après avoir expliqué qu'il allongeait à «18 mois» le calendrier qu'il avait fixé pendant sa campagne électorale. Il s'était alors engagé à retirer toutes les «troupes de combat» en 16 mois, tout en laissant sur place une force résiduelle chargée d'une triple mission: entraîner l'armée irakienne, effectuer des opérations «antiterroristes» contre al-Qaïda en Irak et protéger le personnel américain civil et diplomatique. Cette «force de transition», destinée à rester sur place après août 2010, a-t-il précisé hier, se situera «initialement entre 35 000 et 50 000 hommes». Il a aussi prévenu que son plan de retrait serait sujet à des «ajustements tactiques» car «l'Irak n'est pas encore sûr et il y aura encore des jours difficiles».

L'importance de ce «contingent de transition» a surpris beaucoup de démocrates, qui s'attendaient à un retrait plus rapide. «Je ne vois pas comment on peut encore justifier la présence de 50 000 soldats», s'est étonnée la leader démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, pour qui «un tiers, peut-être 20 000 ou 15 000 hommes», serait suffisant. «Cinquante mille hommes, c'est un chiffre qui est un peu plus élevé que ce que j'avais anticipé», s'est aussi étonné Harry Reid, le leader démocrate du Sénat.

Un plan «raisonnable»

Cette décision, qu'Obama dit avoir «prise après avoir consulté le secrétaire à la Défense, Robert Gates, et les militaires sur le terrain», a été beaucoup mieux accueillie par le camp républicain. L'ancien candidat John McCain, qui avait qualifié d'«irresponsable» le plan de retrait d'Irak en 16 mois d'Obama durant la campagne présidentielle, a applaudi ce compromis. Il a trouvé le plan de retrait «bien pensé», «raisonnable» et «bien préparé». «Je suis prudemment optimiste quant à son succès.» D'autres responsables républicains ont salué la volonté d'Obama de se laisser une marge de manoeuvre importante. «Il nous a assurés qu'il modifierait encore son plan [de retrait] si la situation sur le terrain se détériore et si la violence s'accroît», a approuvé John McHugh, le leader républicain du Comité des affaires militaires de la Chambre des représentants.

Annonçant une «nouvelle stratégie» pour stabiliser l'Irak et la région, Obama a déclaré son intention de lancer une offensive diplomatique qui engloberait l'Iran et la Syrie. Pour l'Irak, l'objectif n'est plus d'établir un régime démocratique, comme le souhaitait Bush. «Le but» désormais, a dit Obama, est «un Irak souverain, stable, autosuffisant», un gouvernement «juste, représentatif, qui rend des comptes» et «qui ne procure ni soutien ni sanctuaire aux terroristes». Pour le président, la solution en Irak «est politique et non militaire». «Les États-Unis, a-t-il ajouté à l'intention des Irakiens, ne convoitent ni votre territoire ni vos ressources. Nous respectons votre souveraineté [...] nous souhaitons un transfert complet des affaires de sécurité sous responsabilité irakienne.»

Le président américain Barack Obama a par ailleurs annoncé hier avoir choisi le diplomate Christopher Hill, ancien négociateur pour la Corée du Nord, comme nouvel ambassadeur à Bagdad.

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Avec l'Agence France-Presse

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