La finance et l'automobile continuent de quémander des milliards à Washington

La dernière demande d’aide financière à l’administration Obama vient de l’ex-numéro un mondial de l’assurance, AIG, qui serait en discussions pour obtenir une rallonge de 60 milliards, s’ajoutant aux 150 milliards reçus depuis septembre.
Photo: Agence France-Presse (photo) La dernière demande d’aide financière à l’administration Obama vient de l’ex-numéro un mondial de l’assurance, AIG, qui serait en discussions pour obtenir une rallonge de 60 milliards, s’ajoutant aux 150 milliards reçus depuis septembre.

New York — L'automobile et la finance américaines, cherchant désespérément à redresser la barre, n'en finissent pas de quémander de l'argent à l'administration Obama, après avoir déjà reçu des centaines de milliards de dollars de deniers publics.

La dernière demande en date vient de l'ex-numéro un mondial de l'assurance, AIG, qui serait en discussions pour obtenir une rallonge de 60 milliards, s'ajoutant aux 150 milliards reçus depuis septembre. Cette rallonge doit permettre au groupe de faire face à une perte attendue comme la plus lourde de l'histoire pour une entreprise américaine: 60 milliards au quatrième trimestre, selon des médias, après 43 milliards sur les neuf premiers mois de 2008.

Selon des opérateurs de marché, les avocats d'AIG se préparent déjà au pire, à savoir un dépôt de bilan, si jamais les discussions avec Washington devaient capoter. Une perspective qui s'avérerait coûteuse pour l'État fédéral, actionnaire majoritaire d'AIG à hauteur de 79,9 %.

Nouveaux financements pour les banques

Parallèlement, le secteur bancaire pourrait recevoir de nouveaux financements, après avoir fait l'objet d'une mobilisation sans précédent de l'administration Bush, à l'automne dernier, et de celle d'Obama, depuis le début de l'année.

Lundi, le Trésor et plusieurs autorités de régulation ont dévoilé de nouvelles modalités de soutien au secteur, ouvrant la voie à des nationalisations: tout en donnant la priorité à des financements privés, Washington prévoit des prises de participations conséquentes en échange de fonds fédéraux, si le secteur privé faillit à cette mission. Aucun montant n'a été précisé pour cette initiative qui s'ajoute au plan de sauvetage du secteur financier voté à l'automne pour 700 milliards.

Dans l'immédiat, selon les médias américains, l'État fédéral pourrait prendre une participation allant jusqu'à 40 % dans Citigroup, l'ex-numéro un mondial de la banque qui a déjà reçu 45 milliards.

Encore l'automobile

C'est sans compter l'industrie automobile, à l'avenir plus que jamais incertain. L'équipe gouvernementale travaillant à la restructuration du secteur doit décider d'ici au 31 mars si l'État va continuer à renflouer General Motors et Chrysler ou, le cas échéant, les laisser se redresser sous le régime des faillites. Les deux constructeurs, après avoir reçu 17,4 milliards au total depuis fin décembre, réclament à eux deux jusqu'à 21,6 milliards de plus pour survivre.

Selon une source proche du dossier, Washington a demandé à des conseils externes d'étudier des scénarios de dépôt de bilan pour GM et Chrysler, même si les enjeux sont très lourds, avec trois millions d'emplois directs et indirects menacés. Un «fonds fédéral» pour la faillite de GM et Chrysler pourrait dans ce contexte être constitué, totalisant 40 milliards de fonds privés garantis par l'État, croit savoir le Wall Street Journal.

Une somme loin des chiffres livrés récemment par les constructeurs: GM estime que sa faillite le conduirait à réclamer jusqu'à 86 milliards à Washington et Chrysler a livré le chiffre de 24 milliards.

Menacés de disparaître par dizaines en cas de faillite de GM et/ou Chrysler, les équipementiers automobiles ont de leur côté réclamé mi-février 25 milliards de dollars au Trésor pour pouvoir survivre.

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