Le Pentagone étudie des voies d'approvisionnement alternatives vers l'Afghanistan

Washington — Le Pentagone a indiqué hier examiner des voies d'approvisionnement alternatives en Asie centrale pour ses troupes en Afghanistan, notamment en Ouzbékistan, au Tadjikistan et au Kazakhstan, face à la menace de fermeture par le Kirghizstan d'une base américaine stratégique.

«Nous cherchons plusieurs routes à travers les divers pays d'Asie centrale, au-delà du Kirghizstan, a déclaré un porte-parole du commandement militaire chargé du transport et de la logistique, le capitaine Kevin Aandahl. Cela comprend l'Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kazakhstan, et d'autres.»

Il a confirmé que Washington menait des discussions avec le Tadjikistan, qui s'est dit prêt à autoriser le transit vers l'Afghanistan de marchandises destinées à la coalition internationale, à l'exception des fournitures militaires, selon l'ambassadeur des États-Unis à Douchanbe.

L'Ouzbékistan, de son côté, a retiré en 2005 à Washington le droit d'utiliser l'ancienne base aérienne soviétique de Karshi Khanabad, qui servait de plate-forme logistique aux militaires américains depuis fin 2001.

D'après ce porte-parole, le Pentagone ne cherche pas une autre base aérienne pour remplacer celle de Manas au Kirghizstan, mais plutôt un réseau combiné aérien, ferroviaire et routier pour acheminer du matériel non létal d'Europe vers l'Afghanistan.

L'une des routes possibles passerait par les Balkans puis la Russie avant de redescendre à travers l'Asie centrale jusqu'à l'Afghanistan.

Selon un autre scénario, le matériel pourrait transiter par l'Azerbaïdjan avant d'être transporté par bateau en mer Caspienne vers le Kazakhstan puis vers le Sud.

«Nous utiliserions des voies de trafic commercial existantes», a expliqué le porte-parole.

Les troupes transitant par la base de Manas passeraient quant à elles par le Golfe, ce qui aurait néanmoins l'inconvénient d'alourdir le trafic dans les bases aériennes américaines dans cette région, a-t-il ajouté.

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