Barack Obama s'engage à défendre les syndicats et la classe moyenne

Washington — Le président américain Barack Obama s'est engagé hier à défendre les syndicats, qui font «partie de la solution» en période de crise économique selon lui, et a abrogé des dispositions qu'avait prises son prédécesseur et qui leur étaient hostiles à ses yeux.

M. Obama a signé trois décrets abolissant des politiques suivies par George W. Bush. L'un des décrets exige que les sociétés travaillant avec l'État fédéral informent leurs salariés de leurs droits en vertu des lois sur le travail, a-t-il dit.

«Nous devons revenir sur de nombreuses politiques que nous avons vues au cours des huit dernières années en direction des organisations de travailleurs, des politiques que j'ai profondément désapprouvées», a dit M. Obama avant de signer les décrets. À mes yeux, le mouvement syndical ne fait pas partie du problème. Pour moi, il fait partie de la solution.»

Il tenait ces propos en période de grave crise économique, de licenciements massifs, et moins de 24 heures après s'être emporté contre le monde de la finance. La première loi qu'il ait promulguée depuis son investiture le 20 janvier vise à combattre la discrimination salariale. Il l'a signée jeudi.

M. Obama a estimé hier que ses compatriotes vivaient une «catastrophe» économique, après l'annonce d'un fort recul de la croissance. «C'est comme le rêve américain à l'envers», a-t-il dit.

M. Obama a porté son attention sur la classe moyenne, tout en assurant: «Nous n'oublions pas les pauvres». «Nous savons que nous ne pouvons pas avoir une classe moyenne vigoureuse sans un mouvement syndical vigoureux. Nous savons que des syndicats forts, dynamiques et prospères peuvent vivre côte-à-côte avec des entreprises fortes, dynamiques et prospères», a-t-il dit.

Les autres décrets qu'il a signés empêchent que l'argent du contribuable rembourse des frais qui auraient été engagés pour influer sur la création de syndicats, et garantissent qu'un salarié qualifié conserve son travail même quand un contrat change de mains.

M. Obama a aussi annoncé le lancement le jour même d'une mission chargée d'améliorer la condition de la classe moyenne. Elle sera conduite par son vice-président Joe Biden et réunira des conseillers économiques et des membres du cabinet de M. Obama.

M. Obama envoie ainsi un «message très clair» à la classe moyenne qui est «l'épine dorsale de ce pays», a dit M. Biden: «À la grande classe moyenne américaine, vous dites: nous sommes à nouveau à vos côtés». «Pendant trop d'années, la Maison-Blanche ne s'est pas préoccupée de mettre la classe moyenne au coeur de notre politique économique [...] La productivité a augmenté de presque 20 % entre 2000 et 2007 [sous M. Bush], et le salaire des familles de travailleurs a baissé de 2.000 dollars par an», a-t-il dit.

La mission se penchera sur tous les aspects de la vie des classes moyennes, du travail à l'éducation en passant par la couverture sociale, et proposera des mesures à M. Obama, a-t-il dit.

À voir en vidéo