Lutte anti-terrorisme - Dick Cheney ne regrette rien

Washington — Le vice-président américain sortant, Dick Cheney, a défendu avec force hier le bilan des actions antiterroristes de l'administration Bush pour protéger les États-Unis, et s'est montré incertain au sujet du sort du chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden.

«Je suis très fier des nombreuses choses que nous avons faites dans cette administration et je pense que nous serons jugés favorablement par l'histoire», a-t-il déclaré au cours d'une interview sur la chaîne Fox News.

«Je crois que le fait que nous avons pu protéger la nation contre de nouveaux attentats d'al-Qaïda pendant sept ans et demi est une réussite remarquable», a ajouté le vice-président. «Je suis très à l'aise avec notre bilan et avec que ce que nous avons réalisé», a encore souligné le vice-président, très impopulaire parmi les Américains, avec seulement 29 % d'opinion favorable.

Sur la question très controversée de Guantánamo et du traitement des détenus, M. Cheney, un des derniers néo conservateurs à servir encore au plus haut niveau à la Maison-Blanche, a de nouveau défendu l'action de l'administration en invoquant les camps de prisonniers allemands de la Seconde Guerre mondiale pour revendiquer le droit de détenir des ennemis «jusqu'à la fin du conflit». L'attaque du 11-septembre «était un acte de guerre contre les États-Unis faisant qu'il était justifié de recourir à tous les moyens disponibles», a-t-il insisté.

«En termes de droits que ces détenus avaient, ils n'étaient pas couverts par la Convention de Genève, car ils étaient des combattants illégaux», a poursuivi le vice-président.

Interrogé sur le fait de savoir si toutes ces actions controversées comme les méthodes d'interrogatoire, les détentions et les surveillances, avaient sauvé des vies, il a répondu dans l'affirmative sans hésitation.

L'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights First, a aussitôt critiqué M. Cheney «pour persister à défendre ces politiques honteuses de violences, rejetées par des hauts gradés militaires à la retraite et des interrogateurs expérimentés comme étant inefficaces».

«Nous espérons que le débat sur la torture sera terminé quand la nouvelle administration entrera en fonctions en janvier», ajoute l'organisation dans un communiqué.

M Cheney a aussi paru peu assuré, au sujet du sort d'Oussama ben Laden, le leader d'al-Qaïda. Interrogé sur le fait de savoir s'il était encore en vie, il a répondu: «je ne sais pas, mais j'imagine que oui». «Nous avons eu certains indices de temps à autre, une photographie ou quelque chose laissant penser à la communauté du renseignement qu'il est encore vivant», a-t-il noté.

Concernant le limogeage de Donald Rumsfeld, l'ancien secrétaire à la Défense par le président George W. Bush, M. Cheney a clairement indiqué sa désapprobation.

«Naturellement je n'étais pas d'accord avec cette décision», a-t-il dit confirmant pour la première fois publiquement son désaccord.

Il a toutefois relevé que Robert Gates, le successeur de M. Rumsfeld «faisait du bon travail comme secrétaire à la Défense».

Dick Cheney a aussi minimisé une remarque de son successeur Joe Biden qui avait dit, durant un débat lors de la campagne présidentielle, que M. Cheney avait «été le vice-président le plus dangereux dans l'histoire américaine».

M. Cheney a estimé qu'il s'agissait de rhétorique électorale. M. Biden est revenu à la charge hier en alléguant que les conseils de M. Cheney à M. Bush «n'ont pas été salutaires pour notre politique étrangère, notre sécurité nationale».

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