Avant de partir, Bush fait le ménage des règlements environnementaux

À 60 jours de sa sortie, le président des États-Unis, George W. Bush, semble s'inspirer de Pulp Fiction pour jouer au «Nettoyeur» environnemental en abolissant une dizaine de règles majeures au profit des pétrolières et des milieux industriels.

Ce douteux «testament idéologique néolibéral», qui provoque de vives réactions au sein de l'administration de son successeur, Barack Obama, vise officiellement à faciliter la tâche des futurs locataires de la Maison-Blanche dont on veut «réduire le fardeau réglementaire» en faisant le travail à leur place.

Mais, dans les faits, rien de cette dernière attaque en règle contre les normes environnementales ne rejoint les principes défendus par le futur président qui entend plutôt renforcer la protection environnementale.

La dernière initiative du président Bush a d'ailleurs soulevé un tollé chez les environnementalistes étasuniens lorsqu'il a décidé d'ouvrir la porte à l'exploitation de sables bitumineux sur 800 000 ha dans les Rocheuses de l'Utah. Cette déréglementation entrera en vigueur le 17 janvier, soit trois jours avant le départ du président Bush de la Maison-Blanche. Ce règlement rendra la tâche difficile au président Obama, car les sociétés pétrolières avantagées vont réclamer des dédommagements pour la perte de ces nouveaux privilèges.

Parmi les nouvelles règles, il s'en trouve une qui autorisera même le dynamitage et l'exploration pétrolière ou gazière à partir d'une mise aux enchères de territoires publics à proximité de l'Arche rocheuse en forme de pont, qui a rendu célèbres les montagnes rougeoyantes de cet État.

Parmi ses cadeaux de dernière minute, le président Bush exempte, par exemple, les fermes porcines et bovines d'ampleur industrielle de l'obligation de se plier aux exigences du Clean Water Act en échange d'une déclaration des propriétaires attestant qu'ils ne rejettent pas de déjections animales dans les eaux publiques.

Les industriels miniers qui exploitent des établissements dans les montagnes en amont des cours d'eau seraient eux aussi exemptés de plusieurs dispositions de la même loi qui interdisent les rejets de toxiques aux cours d'eau. Quant aux centrales thermiques au charbon, leurs normes seraient allégées en ce qui a trait à leur contribution au smog et aux pluies acides.

Par ailleurs, le Pentagone et les autres ministères publics pourraient lancer de grands projets sans avoir à étudier désormais leurs impacts sur la faune. Le Département des ressources naturelles et de la faune pourrait lui aussi autoriser des projets miniers ou forestiers sans avoir à consulter les gestionnaires de la faune sur leurs impacts potentiels. Enfin, l'administration Bush lève les normes qui empêchaient les centrales thermiques d'opérer à proximité des parcs nationaux et des grands refuges fauniques.

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