Obama a rencontré Bush à la Maison-Blanche

Barack Obama a été accueilli par George W. Bush à son arrivée à la Maison-Blanche.
Photo: Agence Reuters Barack Obama a été accueilli par George W. Bush à son arrivée à la Maison-Blanche.

Washington — Moins d'une semaine après son élection, Barack Obama a été informé hier à la Maison-Blanche par George Bush du fonctionnement interne de la présidence et des dossiers brûlants qui l'accueilleront à son entrée en fonctions le 20 janvier.

Accompagné de son épouse, Michelle, Barack Obama a été accueilli par le président sortant et Laura Bush. Les deux hommes ont échangé poignées de main et sourires avant de se diriger vers le Bureau ovale du président. Soixante et onze jours avant de prendre possession des lieux,

M. Obama s'est entretenu pendant environ une heure avec M. Bush et le président sortant a raccompagné jusqu'à son véhicule son successeur, qui devait rentrer dans la soirée à Chicago. Il n'y a eu aucune déclaration.

Pendant que les deux hommes conversaient dans le bureau présidentiel, Laura Bush faisait à Michelle Obama les honneurs d'une résidence construite par des esclaves noirs et où plusieurs des premiers présidents des États-Unis, issus du Sud, faisaient venir de leur plantation leurs propres esclaves pour servir comme domestiques.

«Bien évidemment, l'économie va dominer la discussion», avait déclaré avant la rencontre Dana Perino, porte-parole de la Maison-Blanche. Le président sortant a promis de faire tout son possible pour assurer une transition en douceur avec son successeur, «sa priorité numéro un pour le reste de son mandat», a-t-il dit samedi lors de son allocution radiophonique hebdomadaire.

Des briefings

«Dans les semaines qui viennent, nous demanderons aux responsables de l'administration d'informer l'équipe Obama des grandes questions de politique, des marchés financiers à la guerre en Irak», a ajouté George Bush.

M. Obama, qui a trouvé hier le temps de déposer ses deux filles à l'école à Chicago pour la première fois depuis l'élection, est venu avec des aides de camp à ce qui est un des grands rituels de la vie politique américaine. Ces rencontres entre présidents sortant et élu sont en effet une tradition de la démocratie américaine, mais elles se déroulent habituellement plus tard. La crise économique et financière et les deux guerres auxquelles est confronté le pays, en Irak et en Afghanistan, expliquent cependant sans doute cet empressement.

Après deux ans de campagne sur le thème du changement et de la rupture avec l'héritage des années Bush, Barack Obama a invité samedi les Américains à mettre de côté leurs divergences politiques pour se concentrer sur les moyens d'éviter la récession.

Lors d'une allocution radiodiffusée, le nouveau président a souhaité travailler avec l'administration sortante durant la transition afin d'être immédiatement opérationnel le 20 janvier. «Ceci est tout particulièrement important au moment où nous sommes confrontés aux plus graves défis de notre époque», a-t-il souligné.

Des différends

Mais maints différends subsistent. M. Obama a plaidé pour un nouveau plan stimulant l'économie. L'administration Bush est très réticente. M. Obama a promis de faire rentrer les soldats d'Irak en 16 mois. L'équipe de M. Obama vient de signifier son intention de revenir rapidement sur des décrets relatifs à la recherche embryonnaire et à l'environnement.

L'entourage du président élu a confirmé hier que Barack Obama n'assisterait pas au sommet du G20 prévu le 15 novembre à Washington sur une refondation du système financier international.

Il n'a pas non plus l'intention d'annoncer dès cette semaine le nom de certains membres de son administration.