Powell votera Obama

L’ancien chef d’état-major des armées américaines et héros de la première guerre du Golfe a loué sur la chaîne NBC le «caractère réformateur» du candidat démocrate ainsi que sa campagne «fédératrice».
Photo: Agence Reuters L’ancien chef d’état-major des armées américaines et héros de la première guerre du Golfe a loué sur la chaîne NBC le «caractère réformateur» du candidat démocrate ainsi que sa campagne «fédératrice».

Washington — À 16 jours de l'élection présidentielle américaine, le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Barack Obama, a reçu hier le soutien de poids de l'ancien secrétaire d'État du républicain George W. Bush, Colin Powell au moment où sa campagne annonçait avoir récolté la somme record de 150 millions de dollars en septembre.

Ces deux événements semblaient de nature à stimuler les démocrates dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle alors que les sondages accordent en moyenne 5 points d'avance à M. Obama au niveau national. L'ancien chef d'état-major des armées américaines et héros de la première guerre du Golfe, a loué sur la chaîne NBC le «caractère réformateur» du candidat démocrate et sa campagne «fédératrice».

Une présidence Obama «provoquerait l'enthousiasme du pays et du monde», a assuré le général à la retraite. «Obama a démontré de la fermeté. Il a démontré de la vigueur intellectuelle. Il a une façon de gérer ses affaires qui nous sera profitable», a-t-il estimé.

En cas de victoire de Barack Obama, le 4 novembre, «tous les Américains devraient être fiers, pas seulement les Afro-Américains», a lancé M. Powell.

Son soutien tombe à pic pour M. Obama alors que l'équipe de campagne du candidat républicain l'accuse de se situer à l'extrême gauche de l'échiquier politique américain et met en doute sa capacité à rassembler les Américains au-delà de son camp.

«J'ai toujours admiré et respecté le général Powell. Nous sommes amis de longue date. Ce n'est pas une surprise», a réagi avec dépit M. McCain. M. Powell est le premier poids lourd de l'administration Bush à apporter son soutien officiel au candidat démocrate.

L'équipe de campagne de M. Obama a fait savoir que le sénateur de l'Illinois avait appelé M. Powell pour le remercier de son appui. «M. Obama est impatient de recevoir ses conseils au cours des deux prochaines semaines et, si possible, au cours des quatre prochaines années», a dit Robert Gibbs, directeur de la communication du candidat démocrate.

Secrétaire d'État durant le premier mandat de George W. Bush (2001-2005), avocat de la guerre en Irak à l'ONU avant de dénoncer les «mensonges» qui ont entraîné les États-Unis dans cette guerre, M. Powell n'a cessé de prendre ses distances avec l'administration républicaine tout en refusant de rompre les ponts avec sa famille politique.

M. Powell était républicain et demeure républicain. Il est ami avec John McCain et garde des liens avec de nombreuses personnalités de l'époque où George Bush père était président, notamment le ministre de la Défense d'alors et actuel vice-président Dick Cheney.

Au cours de sa longue carrière, M. Powell, 71 ans, a été conseiller pour la sécurité nationale de Ronald Reagan. Ancien combattant de la guerre du Vietnam, il a été chef d'état-major interarmée de 1989 à 1993 et s'est illustré notamment durant l'opération «Tempête du désert» après l'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein en 1991. En 1996, il avait brièvement envisagé d'être candidat à la Maison Blanche contre le démocrate Bill Clinton.

Juste avant l'intervention de M. Powell, l'équipe de campagne de M. Obama a annoncé que le sénateur avait engrangé 150 millions de dollars en septembre. Jamais M. Obama n'avait récolté autant d'argent en un seul mois.

Depuis le lancement de sa campagne, M. Obama a récolté 605 millions de dollars. Cet afflux d'argent devrait permettre à M. Obama de mener une campagne agressive dans plusieurs États clefs notamment dans plusieurs États considérés comme des fiefs républicains comme la Virginie et la Caroline du Nord.

M. McCain a accepté de recevoir de l'argent public et est soumis à un plafond de dépense de 84 millions de dollars d'ici le 4 novembre. Il peut néanmoins compter sur l'aide du parti républicain qui a engrangé 66 millions de dollars en septembre.

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