Rice se défend de vouloir débaucher les amis de Moscou

Astana — Condoleezza Rice, en visite hier au Kazakhstan, a assuré que les États-Unis ne cherchaient nullement à «débaucher» les alliés de Moscou en Asie centrale.

La venue de la secrétaire d'État américaine vise à consolider un partenariat énergétique avec un pays riche en pétrole, courtisé à la fois par la Russie et l'Occident. Moscou n'apprécie généralement guère les visites de hauts responsables américains dans les anciennes Républiques soviétiques et a déjà accusé les pays occidentaux de tenter de lui voler ses alliés.

S'exprimant à l'issue d'une rencontre avec le ministre kazakh des Affaires étrangères, Marat Tajine, Rice a rejeté toute idée de rivalité croissante ou de «compétition» dans la région entre Washington et Moscou.

Elle a souligné que les États-Unis ne cherchaient pas à éloigner certains pays de Moscou mais s'est refusée à entériner l'idée d'une quelconque «sphère d'influence» russe en Asie centrale.

«Nous ne voyons pas cela comme un jeu à somme nulle. Le Kazakhstan est un pays indépendant et peut entretenir des liens d'amitié avec qui il veut [...] Nous ne voyons ni n'acceptons donc aucune notion d'une sphère d'influence spéciale», avait-elle dit aux journalistes dans l'avion qui la conduisait à Astana.

«La Russie est notre partenaire stratégique», a déclaré pour sa part Tajine, qui s'exprimait en anglais. «En même temps, il faut comprendre que notre relation avec les États-Unis est solide et stratégique.»

Rice, au Kazakhstan deux semaines après la venue du président russe Dmitri Medvedev, devait rencontrer le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev au cours de sa visite de cinq heures.

Le Kazakhstan, proche de l'Iran et de l'Afghanistan, frontalier de la Russie et de la Chine, dispose d'importantes réserves pétrolières et a pris soin de maintenir des relations apaisées avec la Russie tout en diversifiant ses exportations d'or noir vers les pays occidentaux. La guerre entre la Russie et la Géorgie, au mois d'août, a poussé certains alliés de Moscou à revoir leurs relations avec le Kremlin et les pays occidentaux.

Soucieux de mettre en avant sa neutralité, Nazarbaïev a organisé des manoeuvres militaires de grande ampleur à la fois avec l'OTAN et la Russie ces deux dernières semaines.

Rice devait notamment évoquer avec lui les liens dans le domaine de l'énergie entre les États-Unis et le Kazakhstan. Les droits de l'homme devaient également figurer au programme des discussions, alors que le Kazakhstan s'apprête à présider, en 2010, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).