La performance de Palin ne rassure pas les républicains

Les stratèges du républicain John McCain vont devoir trouver les moyens de redonner du tonus à la campagne de leur champion à un mois de l'élection présidentielle, malgré la bonne performance de sa colistière Sarah Palin lors du seul débat télévisé des candidats à la vice-présidence.

«Sarah Palin a traversé le débat sans causer de dégâts au ticket républicain», estimait hier le New York Times, mais beaucoup d'experts doutent que cela suffise pour inverser la tendance, plutôt défavorable à ce ticket.

La colistière du sénateur de l'Arizona a évité toute gaffe majeure, esquivant les questions quand elles étaient embarrassantes. Spontanée et dynamique, elle a multiplié les expressions populistes et gardé le sourire en toutes circonstances.

Les sondages réalisés à l'issue du débat ont cependant donné la victoire au démocrate Joe Biden.

D'après deux rapides sondages réalisés juste après le débat, le candidat démocrate semble avoir davantage convaincu les téléspectateurs indécis. Pour 46 % des indécis ayant suivi le débat, c'est lui qui est sorti vainqueur du duel, d'après un sondage CBS News/Knowledge Networks Poll, alors que 21 % sa rivale républicaine victorieuse. Un sondage CNN donnait Joe Biden considéré gagnant par 51 % des sondés contre 36 % pour Sarah Palin.

Selon les experts, l'incidence de ce débat sur la campagne devrait être plutôt faible. «Ce n'était pas l'affreuse nuit dont avaient peur les républicains. Mais ce n'était pas non plus l'occasion pour eux de reprendre l'avantage sur Barack Obama dans les sondages», estimait le New York Times.

Plusieurs sondages publiés cette semaine accordent une avance sensible au niveau national au sénateur de l'Illinois. Surtout, M. Obama fait désormais la course en tête dans plusieurs États clefs comme l'Ohio ou la Floride.

Preuve du désarroi du camp républicain, M. McCain a renoncé à faire campagne dans le Michigan, un État clef comptant 17 grands électeurs, remporté par John Kerry en 2004 mais que le camp républicain espérait gagner en novembre. Le sénateur de l'Arizona a dépensé environ huit millions de dollars en campagnes publicitaires dans le Michigan.

L'ancien stratège de M. Bush, Karl Rove, considéré comme l'architecte des victoires du candidat républicain en 2000 et 2004, a publié cette semaine sur son site Internet une carte montrant que M. Obama disposerait à l'heure actuelle de 259 grands électeurs — onze de moins que la majorité nécessaire de 270 pour devenir président — contre 163 à M. McCain. Selon M. Rove, neuf États demeureraient indécis, dont le New Hampshire et le Minnesota (14 grands électeurs à eux deux) qui avaient été remportés en 2004 par M. Kerry.

Pour renverser la tendance, les stratèges de M. McCain ont décidé de porter leurs efforts dans six Etats: Floride, Missouri, Caroline du Nord, Virginie, Indiana et Ohio.

Hormis le Missouri où les deux candidats font pratiquement jeu égal, avec un léger avantage pour M. Obama selon un récent sondage de CNN, le sénateur de l'Illinois est crédité dans tous ces autres Etats d'une sensible avance.

Les démocrates de leur côté placent beaucoup d'espoir dans des Etats de l'ouest qui avaient voté républicain en 2004 comme le Nouveau-Mexique, le Colorado et le Nevada.

Ils comptent notamment sur les nouveaux inscrits sur les listes électorales pour faire la différence.

Le débat télévisé entre Sarah Palin et Joseph Biden aura probablement été le plus regardé des débats entre candidats à la vice-présidence américaine, montre une étude préliminaire de l'institut Nielsen Media Research, publiée hier. Environ 45 % des foyers dans les 55 plus grandes zones métropolitaines des États-Unis ont suivi le débat, selon les premières estimations de Nielsen, qui devait annoncer ses chiffres définitifs en fin de journée.

En comparaison, le premier débat présidentiel entre le républicain John McCain et le démocrate Barack Obama a été suivi par 33,2 % des mêmes foyers, selon les chiffres préliminaires de vendredi dernier.