Ike le terrible s'attaque aux États-Unis

Des citoyens de Galveston, au Texas, observant l’océan en fureur, hier après-midi.
Photo: Agence Reuters Des citoyens de Galveston, au Texas, observant l’océan en fureur, hier après-midi.

Galveston (Texas)— Les Texans attendaient dans l'anxiété hier l'arrivée de l'ouragan géant Ike, qui devait frapper les côtes américaines en fin de journée, après avoir semé la mort dans les Caraïbes.

Ike, un ouragan «dangereux» et de «grande envergure», s'approchait inexorablement des côtes du Texas où il pourrait provoquer des inondations et des vagues déferlantes, selon le Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami.

À 18h GMT, le centre de la tempête se trouvait au-dessus du golfe du Mexique, à environ 270 km de Galveston, la ville côtière la plus proche de Houston, vers laquelle il se dirigeait tout droit à un rythme de 19 km/h, selon le NHC.

Sur son passage, un cargo battant pavillon chypriote, avec 22 personnes à bord, était en détresse dans le golfe du Mexique, a annoncé un porte-parole des garde-côtes américains, expliquant que les possibilités de secours étaient limitées.

Ike, dont les vents soufflaient hier après-midi à 165 km/h, devait toucher la côte un peu au sud de Galveston à partir d'hier soir, mais, en raison de sa grande envergure, le temps devait se détériorer auparavant, selon le NHC.

À Galveston, une station balnéaire où un ordre d'évacuation obligatoire a été émis, le vent soufflait furieusement et des vagues puissantes commençaient à envahir le rivage et les infrastructures touristiques.

La ville était déserte et, partout, magasins et maisons étaient barricadés avec des planches de contre-plaqué. «Ils disent que l'île sera recouverte par les eaux», témoigne Michael Bishop, 67 ans, un habitant qui s'apprêtait à quitter les lieux. Dans la rue, un pompier avertissait les derniers passants: «Vous savez qu'il y a un ouragan!»

En dépit des alertes, un quart des habitants ont décidé de rester sur l'île, selon la mairie, qui évalue leur nombre à 14 500 sur un total de 58 000. «Ils doivent partir et ils doivent partir maintenant», a déclaré Joe Steinebaker, du bureau du juge du comté.

Dans un bulletin spécial, le NHC a prévenu que la région de Galveston allait être complètement inondée et que «les personnes ne suivant pas les consignes d'évacuation et habitant des maisons à un ou deux étages s'exposaient à une mort certaine».

Le NHC annonce une montée des eaux de six mètres sur les zones côtières, ainsi que des vagues «hautes et dangereuses».

Ike était un ouragan de catégorie 2 sur l'échelle de Saffir-Simpson, qui en compte 5, mais le NHC a annoncé qu'il pourrait toucher les côtes du Texas en catégorie 3, devenant ainsi un «ouragan majeur».

Le président Bush, qui a décrété l'état d'urgence, s'est dit «très inquiet» hier. «J'engage vivement les Texans comme moi à écouter attentivement ce que disent les autorités», a-t-il dit.

Quelque 1500 soldats américains se préparaient à répondre à l'urgence, et l'USS Nassau, un bâtiment de débarquement avec

45 hélicoptères et quatre avions, devait appareiller pour le golfe du Mexique, a déclaré Bryan Whitman, porte-parole du Pentagone.

À Houston, quatrième ville des États-Unis avec 2,2 millions d'habitants, les habitants sont aussi partis en grand nombre.

«Si vous êtes dans une de ces zones inondables, vous devez partir dès maintenant», a exhorté Frank Michel, du bureau du maire de Houston, appelant les habitants des immeubles à stocker de la nourriture et de l'eau pour parer à l'éventualité de coupures d'électricité de longue durée.

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