Une histoire de cochons et de vieux poissons - Le camp McCain accuse Obama de sexisme à l'endroit de Palin

Arlington — Le camp républicain accuse Barack Obama de sexisme à l'encontre de la candidate à la vice-présidencedes États-Unis Sarah Palin, après les propos du candidat démocrate estimant que le programme de John McCain revient à «mettre du rouge à lèvres à un cochon».

Lors d'un meeting mardi à Lebanon, en Virginie, Barack Obama a ironisé sur la volonté de changement proclamée par le ticket McCain-Palin après huit ans de présidence républicaine. «Vous pouvez mettre du rouge à lèvres à un cochon. C'est toujours un cochon», a lancé M. Obama en provoquant les rires du public. «Vous pouvez emballer un vieux poisson dans du papier et l'appeler changement. Il sentira toujours mauvais après huit ans,»

Quelques heures après ces propos, la contre-offensive a pris la forme d'une vidéo diffusée sur le site Internet du candidat républicain John McCain.

Le message commence par un extrait du discours de Mme Palin devant la convention républicaine la semaine. Elle plaisante en affirmant que la seule différence entre une maman comme elle-même qui accompagne ses enfants au hockey et un pitbull est «le rouge à lèvres». Suit la déclaration d'Obama, amputée de son introduction, dans laquelle il met en doute la volonté de changement du ticket McCain-Palin.

En campagne hier à Norfolk, M. Obama a accusé les républicains de vouloir faire diversion en sortant «une remarque quelconque» de son contexte pour éviter de parler des vrais problèmes.

«Mettre du rouge à lèvres à un cochon» est une expression populaire couramment utilisée aux États-Unis. Le camp Obama s'est d'ailleurs empressé de rappeler que M. McCain lui-même l'avait employée en octobre 2007 pour décrire les propositions de Mme Clinton.

Les démocrates ont également affirmé que le candidat républicain s'était servi de cette expression à deux autres reprises l'an passé, et que 12 autres responsables républicains avaient fait de même ces dernières années.

«Nous avons une crise énergétique. Nous avons un système d'ducation qui ne fonctionne pas pour beaucoup trop d'enfants. Nous avons une économie qui entraîne des privations pour les Américains. Nous sommes impliqués dans deux guerres. [...] Et c'est tout ce dont [les républicains] veulent parler», a lancé M. Obama.

Barack Obama devait décliner dans la journée ses propositions en matière d'éducation, un sujet qui a également fait l'objet d'une attaque du camp républicain.

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