Présidentielle américaine - McCain a le vent en poupe

Sarah Palin et John McCain à la convention des républicains la semaine dernière.
Photo: Agence Reuters Sarah Palin et John McCain à la convention des républicains la semaine dernière.

Le candidat républicain à la présidentielle américaine, John McCain, reprenait l'avantage sur son adversaire démocrate Barack Obama dans un sondage publié hier, profitant notamment de l'effet positif de la nomination de sa colistière Sarah Palin.

Dopé par la convention républicaine qui s'est achevée jeudi, M. McCain obtient 50 % des intentions de vote contre 46 % pour M. Obama, selon un sondage USA Today/Gallup. Il s'agit là d'un renversement de tendance par rapport à la précédente enquête de cet institut.

La marge d'erreur est de plus ou moins 3 points, mais M. McCain enregistre toutefois un net rebond par rapport à un précédent sondage publié par USA Today juste avant la convention républicaine, qui donnait à M. Obama un avantage de 7 points.

Parmi les personnes interrogées, 29 % affirment que le choix de la gouverneure de l'Alaska, Sarah Palin, 44 ans, comme colistière de M. McCain, les incitera à voter pour le candidat républicain lors de la présidentielle du 4 novembre, tandis que 21 % affirment au contraire que ce choix devrait les en dissuader.

Un sondage CNN/Opinion Research publié hier également plaçait les deux candidats à égalité avec 48 % d'intentions de vote chacun.

Prudence

«Les républicains ont eu une bonne convention et, au moins au début, le choix de Sarah Palin a fait une grande différence», estime l'observateur politique Larry Sabato de l'université de Virginie, cité par USA Today. «Il [McCain] se trouve dans une position bien meilleure que ses partisans l'imaginaient.»

Sabato fait cependant remarquer, au vu de l'étude de l'impact des conventions depuis 1960, que les sondages réalisés au lendemain de ces grands-messes n'augurent réellement qu'une fois sur deux du résultat de l'élection. «Il est vraiment surprenant de constater à quel point le souvenir d'une convention s'estompe rapidement», dit-il.

Les liens qui rapprochent McCain du président George W. Bush demeurent le talon d'Achille du candidat républicain. D'après le sondage, 63 % des personnes interrogées disent craindre qu'il ne mène, s'il est élu, une politique très proche de celle de l'actuel hôte de la Maison blanche, dont la cote de popularité, aujourd'hui, ne dépasse pas 33 %.

«John McCain qui est un homme bon avec une histoire personnelle fascinante, a embrassé et adopté la plate-forme économique de George Bush», a de son côté affirmé dimanche Barack Obama sur la chaîne de télévision ABC.

MM. McCain et Obama, ainsi que le colistier démocrate, Joe Biden, ont tous donné des interviews dimanche aux télévisions américaines, mais pas Mme Palin. Cette dernière n'a pas peur de répondre aux questions de la presse, a assuré un responsable de la campagne de John McCain.

Un responsable de sa campagne a indiqué dimanche qu'elle allait donner sa première interview importante à la chaîne ABC. Cette interview devrait être enregistrée jeudi et vendredi pour une date de diffusion qui n'a pas encore été précisée.

Une première gaffe

De son côté, le président George W. Bush a qualifié hier dans une interview sur Fox News Mme Palin de «femme dynamique, capable et intelligente».

La première «gaffe» de la candidate a été soulignée hier par le site Internet proche des démocrates Huffington Post. Mme Palin a affirmé que les géants du refinancement hypothécaire américain Fannie Mae et Freddie Mac, repris en main par le gouvernement américain, ont déjà coûté trop d'argent aux contribuables, alors que ces organismes étaient jusqu'à présent privés.

Hier, le ticket républicain ont tenuun meeting dans le Missouri et un dîner de levée de fonds à Chicago, le fief de M. Obama. Ce dernier a participé à deux rassemblements électoraux dans le Michigan avant de se rendre aujourd'hui dans un autre État susceptible de faire basculer l'élection, la Virginie. Joe Biden s'est pour sa part rendu hier dans le Wisconsin et l'Iowa.

Par ailleurs, Barack Obama et l'ancien président américain Bill Clinton, dont les relations sont tendues depuis les primaires démocrates, vont se rencontrer jeudi à New York lors d'un déjeuner privé. M. Obama sera présent ce jour-là à New York à l'occasion du septième anniversaire du 11-Septembre. Il doit se rendre sur le site de l'ancien World Trade Center (WTC) en compagnie de John McCain.

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