Un «ticket» McCain-Rice?

Washington — La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a nié hier convoiter une candidature à la vice-présidence des États-Unis au côté du candidat républicain à la présidence John McCain, sans toutefois fermer totalement la porte à un tel «ticket».

Pressée de donner une réponse «shermanesque» aux rumeurs qui s'amplifient de jour en jour sur une possible candidature de la chef de la diplomatie américaine au côté de M. McCain, Mme Rice a d'abord fait l'éloge du sénateur de l'Arizona.

«Laissez-moi d'abord dire que le sénateur McCain est un Américain extraordinaire, un meneur d'hommes exceptionnel et, évidemment, un grand patriote», a déclaré Mme Rice, qui s'exprimait au cours d'une conférence de presse commune avec ses homologues mexicaine Patricia Espinosa Cantellano et canadien Maxime Bernier.

«Cela dit, je rentre à Stanford. Je retourne en Californie, à l'ouest du Mississippi, a-t-elle ajouté. J'aurai grand plaisir à suivre cette campagne électorale et à voter comme un électeur moyen.»

Ce démenti apparaît nettement moins définitif que celui du général nordiste américain William Sherman, qui, interrogé sur ses possibles ambitions présidentielles, en 1884, avait déclaré: «Si on me désigne, je ne ferai pas campagne; si je suis nommé candidat, je n'accepterai pas; si je suis élu, je n'exercerai pas.»

Mme Rice, qui est professeure de sciences politiques, a toujours dit qu'elle avait la ferme intention de revenir à l'enseignement.

Mais les rumeurs sur ses ambitions vont bon train depuis qu'elle a participé fin mars à une réunion présidée par un responsable du courant conservateur du parti républicain, Grover Norquist.

L'analyste Steve Clemons, du centre de recherche New America, a mentionné l'événement le jour même sur son blogue The Washington Note, précisant que des participants à cette réunion avaient demandé à Mme Rice si elle accepterait de se présenter à la vice-présidence. Selon plusieurs témoignages, elle n'aurait pas refusé clairement.

Dans une récente interview au Washington Times, publiée deux jours plus tard, elle a assuré «ne pas faire de politique». Mais au moment où un démocrate noir, Barak Obama, est un candidat sérieux à la présidentielle, elle a souligné que les États-Unis étaient un pays «remarquable» où une femme noire comme elle pouvait être secrétaire d'État, poste occupé il y a plus de deux siècles par un planteur propriétaire d'esclaves, Thomas Jefferson.

Les rumeurs ont rebondi dimanche lorsqu'un autre analyste, Dan Senor, a affirmé sur la chaîne ABC: «Condi Rice fait activement campagne depuis quelques semaines» pour une candidature à la vice-présidence.

Aussitôt questionné, John McCain a assuré ne rien avoir remarqué. «Ces signaux m'ont échappé», a-t-il assuré.