Primaires américaines - Clinton menacée de nouveaux revers

Washington — Hillary Clinton, qui semble piétiner dans sa marche vers la Maison-Blanche après une série de défaites face à son rival démocrate Barack Obama, est menacée de nouveaux revers aujourd'hui.

Le remaniement, durant le week-end, de l'équipe de campagne de l'ancienne première dame, avec le départ de sa directrice de campagne Patti Solis Doyle, semble illustrer un désarroi.

Hillary Clinton, 60 ans, a enregistré durant le week-end quatre défaites face à son rival de 46 ans, en Louisiane, au Nebraska, dans l'État de Washington et dans le Maine. Et à en croire les sondages, de nouveaux revers l'attendraient aujourd'hui dans la capitale Washington et dans les États voisins du Maryland et de la Virginie.

Pour sa part, Barack Obama, fort de ses succès du week-end qui ont confirmé sa montée en puissance dans la course à la Maison-Blanche, aborde les «primaires du Potomac» d'aujourd'hui avec une confiance qui tranche sur l'inquiétude du clan Clinton.

«Nous avons maintenant gagné sur la côte Atlantique, nous avons gagné sur la côte Nord, nous avons gagné sur la côte Pacifique, et nous avons gagné entre ces côtes», s'est réjoui Barack Obama lors d'un meeting à Virginia Beach, en Virginie.

Le Super Mardi du 5 février, où une vingtaine d'États étaient appelés à se prononcer, n'a pas apporté à Clinton la consécration annoncée et elle se retrouve à égalité avec Obama pour le nombre de délégués chargés officiellement de désigner le candidat du parti à la convention démocrate de Denver (Colorado) en août.

Selon le site indépendant RealClearPolitics, elle disposait hier de 1142 délégués à ce stade (y compris 213 «super délégués» habilités à changer de candidat), contre 1146 (y compris 139 «super délégués») pour M. Obama, sur les 2025 nécessaires pour emporter l'investiture.

Barack Obama, qui fait campagne sur le thème du changement, a fait tomber 20 États dans son escarcelle, contre 11 pour Mme Clinton, qui insiste sur son expérience et a tardé à mettre en avant sa capacité à apporter le changement.

Même si elle a gagné dans les États les plus importants en matière de population et de délégués (Californie, New York, New Jersey et Massachusetts), les victoires alignées dernièrement par M. Obama laissent penser que c'est lui qui a le vent en poupe.

L'Ohio et le Texas, deux États riches en délégués appelés aux urnes le 4 mars, semblent pour l'instant plutôt favorables à Hillary Clinton.

Mais «plus il y a d'électeurs qui connaissent Obama et son discours de changement, plus ils le soutiennent, ce qui est de bon pour les prochaines primaires», a estimé le directeur de campagne du sénateur de l'Illinois, David Plouffe.

Hillary Clinton dispose de peu d'options pour changer cette dynamique. Solide en débat, où elle s'estime à même de faire ressortir l'inexpérience de M. Obama, Mme Clinton a tenté d'imposer un face-à-face par semaine, mais il n'en a accepté que deux d'ici au 4 mars.

Elle espère aussi une victoire le 19 février dans le Wisconsin, où elle espère pouvoir compter sur le soutien des foyers modestes et ouvriers, tandis que M. Obama s'appuierait notamment sur les étudiants.

La bataille est d'une tout autre nature dans le camp républicain, où le grand favori, John McCain est fragilisé par la méfiance qu'il inspire à la frange la plus conservatrice de l'électorat.

Alors qu'il compte déjà 724 délégués sur les 1191 exigés pour la nomination, M. McCain a été battu ce week-end par son rival conservateur Mike Huckabee (234 délégués) en Louisiane et au Kansas, et a gagné sur le fil dans l'État de Washington. Il bénéficie cependant de sondages favorables dans le Maryland et en Virginie.