Irak: Bush et son équipe ont menti 935 fois

La nouvelle n'est pas que George W. Bush et son équipe ont menti au sujet des armes de destruction massive de Saddam Hussein et des liens de celui-ci avec al-Qaïda pour justifier la guerre en Irak mais bien le nombre de fois qu'ils l'ont fait: 935 fois entre le 11 septembre 2001 et le 11 septembre 2003, selon la compilation faite par le Center for Public Integrity, qui a épluché les documents officiels et les propos du président américain et de sept de ses principaux collaborateurs tels que rapportés par les grands médias.

Le champion de cette désinformation serait nul autre que le président lui-même, qui aurait répandu des faussetés 232 fois au sujet de l'arsenal interdit et 28 fois à propos des liens entre l'Irak et le réseau terroriste d'Oussama ben Laden.

Le secrétaire d'État de l'époque, Colin Powell, qui avait notamment présenté le dossier à charge contre Saddam Hussein devant le Conseil de sécurité de l'ONU en février 2003, suit son patron avec 244 déclarations sur les armes de destruction massive mais seulement dix sur l'arrimage Bagdad-al-Qaïda.

Plusieurs enquêtes menées ultérieurement, y compris par des comités parlementaires bipartisans, ont établi que l'Irak ne possédait pas d'armes nucléaires, chimiques ou biologiques à l'époque, et aucune preuve d'une collaboration avec le réseau al-Qaïda n'a encore été apportée.

Les autres hauts responsables américains visés par les chercheurs du CPI et de sa filiale, le Fund for Independence in Journalism, sont le vice-président Dick Cheney, l'actuelle secrétaire d'État Condoleezza Rice (qui était à l'époque présidente du Conseil national de sécurité), l'ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, son adjoint Paul Wolfowitz ainsi que deux anciens attachés de presse de la présidence, Ari Fleisher et Scott McLelland.

La Maison-Blanche a catégoriquement rejeté cette étude hier. La porte-parole actuelle de George W. Bush, Dana Perino, a affirmé qu'elle était truffée d'erreurs et qu'elle sortait certains éléments de leur contexte. Un autre porte-parole présidentiel, Scott Stanzel, a fait valoir que «les actions entreprises en 2003 étaient basées sur le jugement collectif d'agences de renseignement du monde entier».

Le Center for Public Integrity, une organisation basée à Washington, a placé les résultats de son étude sur son site Internet sous la forme d'une base de données «massive» permettant de repérer, par mot clé, par «auteur», par sujet ou par date, les déclarations trompeuses à propos de l'Irak.

Une «page Web» du rapport donne plusieurs exemples de mensonges. Le vice-président Dick Cheney, moins bavard que son patron puisque le CPI ne l'a pris en défaut que 48 fois, a en revanche été on ne peut plus direct dans ses accusations sans fondement: «Pour parler clairement, il ne fait aucun doute que Saddam Hussein possède actuellement des armes de destruction massive. Il ne fait aucun doute qu'il les accumule dans le but de les utiliser contre nos amis, contre nos alliés et contre nous», avait-il déclaré en août 2002.

Le directeur de la CIA du temps, George Tenet, a plus tard affirmé que les propos du vice-président allaient bien au-delà des informations validées par l'agence de renseignement.

Le 5 février 2003, Colin Powell avait présenté au Conseil de sécurité de l'ONU des «conclusions et des faits basés sur des renseignements solides», qui se sont plus tard avérés être des racontars venant d'un escroc et d'un terroriste parlant sous la torture.

«L'effet cumulatif de ces fausses déclarations — amplifié par les milliers de reportages — a été massif, et la couverture médiatique a créé un battage assourdissant pendant les mois cruciaux qui ont précédé le début de la guerre», écrit le fondateur du CPI, Charles Lewis, un ancien cadre du service des nouvelles de CBS. L'enquête publiée hier reprend quelques sondages d'opinion réalisés à l'époque, qui tendent à démontrer que ce battage a eu un effet.

Le Center for Public Integrity se décrit comme un organisme indépendant qui n'accepte que les contributions financières venant de fondations et de particuliers. Certains médias conservateurs ont rappelé hier qu'il a dans le passé reçu des fonds du financier George Soros, dont l'antipathie pour les républicains de George W. Bush est bien connue.

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Avec l'Agence France-Presse et Associated Press
4 commentaires
  • Serge Charbonneau - Inscrit 24 janvier 2008 03 h 14

    Le mensonge

    George W. Bush et son équipe ont menti 935 fois entre le 11 septembre 2001 et le 11 septembre 2003. Ça fait plus d'une fois par jour.
    Et ce n'est pas 935 mensonges différents, non, seulement quelques-uns, qui ont été répétés des centaines de fois!

    Dans "Ma lutte" (Mein Kampf), Hitler fait cette réflexion qu'on attribue à son ministre de la propagande, Joseph Goebbels:
    "Un mensonge répété dix fois reste un mensonge; répété dix mille fois, il devient une vérité".
    À 935 fois, on peut dire que pour plusieurs, il ne s'agit plus d'un mensonge, mais que c'est devenu pour eux, une vérité bien établie.

    L'expert de la manipulation des masses, Joseph Goebbels, disait aussi:
    «Plus le mensonge est gros, plus il passe.»
    Et M. Goebbels n'était pas ministre de la propagande et de l'éducation du peuple pour rien, je crois qu'il s'y connaissait en matière de mensonge!


    Tout le monde peut constater l'efficacité du mensonge. C'est une manière de mener le bon peuple par le bout du nez.
    Ajoutez au mensonge le bon sentiment et vous pouvez faire ce qui vous plaît. Vous pouvez justifier les pires tueries, les pires atrocités, les pires calamités, les pires indignités humaines.
    Combien de morts ont été causées par ces milliards d'armes au Moyen Orient?
    Le nombre de victimes de ces guerres est des centaines de fois supérieur à celui du fameux 11 septembre qui a justifié ces tueries sauvages.

    Tueries sauvages, que de gros mots diront certains. Des mots empreints d'un antiaméricanisme primaire! Les mensonges nous font oublier la réalité. Les mensonges déforment la réalité. Les mensonges masquent complètement la réalité.
    Les mensonges font que de simplement parler de la réalité, dire ce qui se passe, tout simplement, et on vous dit que vous êtes un antiaméricain. Pourtant, on devrait tout simplement dire que ces propos sont simplement anti-inhumains et qu'ils sont empreints d'humanisme, de pacifisme et de valeurs humaines nobles. Des propos qui dénoncent les injustices, la cupidité, l'irrespect des droits humains fondamentaux.

    Le mensonge.
    En deux ans, répétés 935 fois!
    En sept ans, combien d'autres mensonges et combien de fois ont-ils et sont-ils répétés encore quotidiennement?
    À chaque jour, combien de fois?
    George W. Bush et son équipe mentent comme il respire, en vous regardant droit dans les yeux.
    Harper et son équipe, ne font guère mieux.
    Et le pire, c'est que ces mensonges, souvent, très souvent, si peu subtils, sont répétés et pris comme vérité absolue, par les éditorialistes, par les "analystes" par les journalistes perroquets. Du journalisme incapable de parler de la réalité, incapable de voir les gestes et les événements. Du journalisme tout juste bon à courir les conférences de presse pour répéter les mensonges ad nauseam!
    Tout le monde sait bien que les politiciens, les porte-parole ne parlent pas pour dire quelque chose, mais plutôt pour orienter l'opinion. C'est leur jeu, c'est leur job. Mais ce qui est révoltant, c'est de voir et d'entendre les journalistes dits "sérieux" reprendre les mensonges et les répéter mille fois afin de bien orienter l'opinion.

    C'est bien affreux que nos politiciens mentent comme ils respirent, mais ce qui est encore plus terrible, c'est que les médias ne dénoncent que très rarement le mensonge, au contraire, ils le répètent en l'emballant avec encore plus de finesse.

    On dit "journalisme d'opinion". Quel paradoxe!
    Comme si le journalisme et l'opinion allaient de pair!

    J'entendais un journaliste commenter la mort d'un grand, d'un vrai, la mort de ce grand journaliste que fut Louis Martin; le journaliste disait que même en l'ayant côtoyé pendant vingt-cinq ans, il ne connaissait pas ses idées politiques, comme si Louis Martin n'avait pas d'opinion. Tous savaient que Louis Martin avait une solide opinion, mais il avait aussi une solide éthique pour exercer son noble métier. Il savait que le métier de journaliste n'est pas l'endroit pour faire passer son opinion, son idéologie. Son métier était de poser les bonnes questions pour tendre vers la vérité et pour faire s'écrouler les mensonges.

    Il existe encore de bons journalistes, Ignacio Ramonet est un de ceux-là.
    Il n'a pas attendu qu'un rapport vienne révélé pour dénoncer le mensonge.
    Déjà en juillet 2003, il écrivait: "Armes d'intoxication massive: Mensonges d'État"
    ( http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/1 ), à lire si vous voulez vous éveiller au mensonge.
    Il commence son article par une citation de George Washington, qui disait:
    « Je préférerais mourir plutôt que proférer une inexactitude. »
    Était-ce une vérité, était-ce un mensonge?
    George W. Bush pourrait reprendre sans sourcilier cette citation.
    Il faut toujours confronter les mots à la réalité.


    Pour terminer, une pensée de Mark Twain:
    « A truth is not hard to kill. A lie told well is immortal. »
    "Il n'est pas difficile de tuer la vérité. Un mensonge bien présenté reste immortel"

    Une personne avertie en vaut deux!
    Restons vigilants face aux déclarations et au journalisme d'opinion.
    Cessons d'accorder trop d'importance à ce qui est dit et attardons-nous avec plus d'attention aux faits et aux gestes. Cessons d'écouter les opinions de journalistes (sic) et recherchons l'information factuelle.
    En gardant les yeux grands ouverts, le mensonge a moins de prise sur nous.


    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S.: Vous souvenez-vous de Scott McLelland?
    M. Lévesque nous dit qu'il était un des hauts responsables américains visés par les chercheurs du CPI.
    Pour vous le remettre en mémoire, relisez "Bush au parfum" de M. Serge Truffaut dans Le Devoir du 23 novembre 2007
    ( http://www.ledevoir.com/2007/11/23/165569.html )
    Il faut lire aussi le commentaire de M. Gabriel Racle: "Mentez, mentez, et pourquoi s'arrêter?"
    Et si le coeur vous en dit, lisez aussi mon commentaire: "On s'en reparle..."
    Il y a de ces choses que l'on doit se reparler... pour ne pas les oublier!
    On oublie beaucoup trop vite, voyez-vous!

  • Jean-François Couture - Inscrit 24 janvier 2008 08 h 45

    Et il faudrait croire leur version du 9-11 en plus ?

    Avant de me traiter de conspirateur schizoïde SVP lisez le bouquin d'Éric Laurent (un dangereux hurluberlu s'il en est un et franco en plus ;) "La Face Cachée du 11 Septembre".

    Plus rien n'est pareil depuis cette date fatidique nous régurgite en boucle Mindfuck Inc. et on a parfaitement raison de le souligner !

    La conspiration du SILENCE autour de ce dossier est ahurissante !

    «Les médias changent le monde et l'humanité avec. Ils sont l'usine où se fabrique le "réel"; ou ce qui en tient lieu; ou ce qui l'a remplacé. Nous ne sommes pas sûrs qu'il y a un autre côté de l'écran devenu le miroir du monde.» - Élisabeth Lévy

    Plus rien n'est pareil ?

    "On ne peut pas dire la vérité à la télévision: il y a trop de gens qui regardent" - Coluche

    Alors que la liste de citoyens, tout à fait respectables, qui questionnent intelligemment cet événement crucial s'allonge sans arrêt malgré le blocus médiatique et la campagne de sallisage en leur égard de la part de Mindfuck Inc.

    Un nombre croissant de patriotes américains se grattent encore la tête ! La liste est ici :
    http://www.patriotsquestion911.com/

    Tous des cons incultes, risibles, finis ? C'est 120 militaires seniors, membres des services d'intelligence, représentants de la loi et officiels du gouvernement qui sont flanqués par 290 ingénieurs et architectes, 60 pilotes et professionnels de l'aviation, 190 professeurs, 200 survivants et membres de la famille des victimes et , quand même 110 pros des médias et du divertissement qui ont pris la peine de poser tout haut LA question !

    Bush et Cheney ont-is aussi mentis à propos de 9-11 ?

    "A cynical, mercenary, demagogic press will produce in time a people as base as itself" - Joseph Pulitzer

    Parano ?

    Yes sir !

    ... et c'est tout à fait sain et normal quand on se fait mentir à répétition comme c'est le si explicitement le cas !

    La connerie c'est de croire les sociopathes de la junte Bush/Cheney sur parole et de ne plus poser de questions !

    Nous sommes à l'opposé de tout processus scientifique.

    Thèse, Anti-Thèse, Synthèse ... SVP !

    Meanwhile...

    "We are watching a poorly staged rendition of Wag the Dog , interpreted for the morbidly stupid and performed by the criminally insane." - Jules Carlysle

    Bonjour chez vous ;)

  • Langis Gagnon - Inscrit 24 janvier 2008 12 h 04

    Faut-il être surpris ???

    Ce qui me surprend le plus ce n'est pas que Georges W. Bush et son équipe aient autant menti mais bien qu'il ait fallu autant de temps pour que l'on s'en rende compte qu'ils ont menti et qu'on l'admettre.
    Toute personne sensé ayant un tant soit peut de bon sens vous savez le GBS (Gros Bon Sens) se rendait compte lors de ces affirmations de président, vice-président etc. que s'il avait fait une enquête et celà aurait du être fait par des journalistes ... que plein d'affirmation a propos des ADM (Armes Destruction Massive) et autre sujets chaud que ces affirmations ne se tenait pas debout...
    Mais non, parce que c'était MONSIEUR LE PRÉSIDENT DES USA le très honorable Georges W. Bush qui disait des affirmations sans aucun fondement mais c'était le président un Bush de la ligné des Bush et bien c'était vrai. Son grand-père a fait des affaires avec les nazie, son père a été président et a été aussi Directeur de la CIA (On ne sort jamais vraiment de l'agence) et a aussi fait des affaires avec les saoudiens et en fait encore des affaires."War is a big business".

    Le problème au USA et a bien d'autre endroit dans le monde est que si on réussissait à élire un babouin avec un gros titre comme président des USA et bien un paquet de monde se prosternerait devant le babouin car c'est MONSIEUR LE PRÉSIDENT. Les gens ne s'arrêtent pas à ce qu'ils ont comme individus mais bien à des titres. N'oublié pas que les plus grands escrocs de ce monde sont en en complet, cravates.
    Comme le disait si bien le regretté écrivain Norman Mailer :
    « Nous avons le pire président de l'histoire des Etats-Unis. Il est ignorant, arrogant, totalement stupide dans tous les domaines sauf 1. Il a su se faire aimé par une large partie de la population, la moins intelligente qui est très contente de lui. Car devant l'étendu de sa bêtise ils peuvent se dire « formidable » Si ce crétin peut être président pourquoi pas moi ».

  • Michaël Lessard (micles.biz) - Abonné 25 janvier 2008 00 h 06

    Les mensonges actuelles

    Après tout ça, il faut se rappeler notre situation actuelle:
    l'administration Bush et le gouvernement Harper affirment que l'Iran veut non seulement construire une bombe atomique, mais que son gouvernement voudrait s'en servir contre le monde ou pour anéantir Israël! Comment accorder le moindre sérieux aux affirmations de ces hommes de pouvoir?

    Le Pentagone a conçu des mini-bombes nucléaires tactiques, dans le but de s'en servir dans leurs guerres actuelles. Et c'est les États-Unis qui font la morale?! Oublions leurs propres milliers de missiles nucléaires et le fait qu'ils construisent des bases militaire en Irak et ailleurs autour de l'Iran...

    Est-ce que l'Iran veut la bombe atomique? Fort probable, considérant que leur voisin a été envahi en 2003 et est encore occupé militairement. Fort probable aussi si on considère qu'Israël a au moins 200 bombes nucléaires de technologie avancée. L'Iran veut peut-être le moyen de dire « Ne nous touchez pas, sinon ». Non, la population iranienne n'est pas folle, elle ne souhaite pas lancer de guerre mondiale, elle veut juste un minimum de respect et un moyen d'empêcher les fanatiques Bush, Harper et collaborateurs de s'imposer par la force armée.


    Cet article nous informe qu'un « autre porte-parole présidentiel, Scott Stanzel, a fait valoir que "les actions entreprises en 2003 étaient basées sur le jugement collectif d'agences de renseignement du monde entier"».

    Non, les agences de renseignement n'ont pas fait ce jugement, ce n'est pas leur rôle de faire la politique. Puis, c'est drôle, mais les expert-es en armement de l'ONU --qui incluaient souvent des agents de renseignements-- n'ont pas dit ça. Mieux encore, les expert-es du monde entier sur le Proche et Moyen-Orient étaient capables de prévoir une guerre civile en Irak et la crise humanitaire persistante.

    Ces femmes et hommes de pouvoir n'ont rien à cirer de la vérité: leur objectif est uniquement de gagner leur guerre économique, sans égard pour le bien commun de l'Humanité.