Caucus du Nevada - Les démocrates s'entredéchirent

Anita Zepeda assistait hier à Reno à une réunion électorale du candidat Barack Obama.
Photo: Agence Reuters Anita Zepeda assistait hier à Reno à une réunion électorale du candidat Barack Obama.

Las Vegas — Les présidentiables démocrates se déchiraient à la veille de la consultation des électeurs du Nevada, État touché de plein fouet par la crise des prêts hypothécaires qui menace les États-Unis d'une récession.

Alors que le président George W. Bush annonçait les grandes lignes de son plan de relance économique, les favoris Hillary Clinton et Barack Obama ont défendu devant les électeurs leurs propres idées tandis qu'à l'approche des assemblées d'électeurs (caucus) d'aujourd'hui, leurs équipes échangeaient les coups les plus féroces de la campagne.

Du côté républicain, seul l'ex-gouverneur du Massachusetts Mitt Romney a pris ses quartiers au Nevada, comptant sur son aura d'homme d'affaires millionnaire, qui lui a réussi au Michigan mardi, pour sortir les électeurs de la sinistrose.

Il a laissé le terrain libre en Caroline du Sud à ses principaux adversaires Mike Huckabee et John McCain, qui se disputaient la tête des sondages à la veille de la primaire républicaine.

Les Hispaniques du Nevada, qui représentent environ le quart de la population locale, se sont réveillés hier avec un spot radio violemment anti-Clinton, diffusé par un syndicat local: «Hillary Clinton a perdu toute honte, elle ne devrait pas permettre à ses amis d'attaquer le droit de notre peuple à voter samedi [aujourd'hui], c'est impardonnable, c'est un manque de respect», entend-on en espagnol avant d'être appelé à voter Obama, «pour un président qui nous respecte».

Ce message a été dénoncé par les équipes de campagne de Mme Clinton et de John Edwards, troisième homme de la compétition démocrate. Il fait référence à une vaine tentative d'alliés de Mme Clinton de supprimer l'autorisation donnée aux employés de casino, majoritairement hispaniques, de participer aux caucus sur leur lieu de travail.

Ce durcissement de la campagne reflète l'indécision de la consultation, troisième étape de la course à l'investiture démocrate après la victoire de M. Obama le 3 janvier en Iowa et celle de Mme Clinton dans le New Hampshire le 8.

Barack Obama accuse un retard de neuf points (32 % contre 41 % à sa rivale; 14 % pour M. Edwards), selon un sondage publié hier par le quotidien Las Vegas Review, en dépit du soutien de deux puissants syndicats hôteliers.

L'ex-sénateur John Edwards, qui avait semblé faire cause commune avec M. Obama la semaine dernière, s'est retourné contre le jeune sénateur de l'Illinois, lui reprochant d'avoir laissé diffuser le spot radio anti-Clinton.

Plus fondamentalement, M. Edwards a reproché à M. Obama d'avoir vanté l'appel à «l'optimisme» et au «dynamisme» lancé en son temps par le républicain Ronald Reagan. «M. Obama a eu tort, et cela fait peur qu'il ait donné Ronald Reagan en exemple», a souligné M. Edwards, accusant le président défunt d'avoir favorisé les nantis au détriment des plus modestes.

L'économie du Nevada repose très largement sur les casinos de Las Vegas, mais cet État en pleine explosion démographique est aussi un des plus touchés par la crise des prêts hypothécaires subprime. De quoi expliquer pourquoi les thèmes économiques dominent les discours de campagne des candidats à la pêche aux voix dans l'Ouest.

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