Course à la Maison-Blanche - Feux croisés contre Hillary Clinton et Mitt Romney

Cette militante politique du camp d’Hillary Clinton est venue encourager sa candidate hier, à deux jours des primaires du New Hampshire. L’ancienne première dame des États-Unis en a bien besoin, puisqu’un nouveau sondage publié hier la place de
Photo: Agence Reuters Cette militante politique du camp d’Hillary Clinton est venue encourager sa candidate hier, à deux jours des primaires du New Hampshire. L’ancienne première dame des États-Unis en a bien besoin, puisqu’un nouveau sondage publié hier la place de

Manchester, États-Unis — Le sénateur Barack Obama a pris le large dans les sondages à l'approche des primaires de demain dans le New Hampshire, test crucial pour son adversaire démocrate Hillary Clinton qui tente de rebondir en durcissant l'attaque.

Côté républicain le ton devient également de plus en plus aigre, spécialement contre Mitt Romney, alors que le sénateur John McCain conforte son avance au New Hampshire après avoir frôlé l'abandon l'été dernier.

Après les caucus de l'État rural de l'Iowa, c'est au tour du New Hampshire, petit État du nord-est, de focaliser l'attention dans les primaires préalables à l'élection générale du 4 novembre. Hillary Clinton, dotée longtemps d'une aura d'invincibilité, se bat pour rebondir et faire oublier la première victoire jeudi du jeune sénateur de l'Illinois Barack Obama.

Mais deux sondages publiés hier soir par la télévision CNN et la station de radio WMUR, ainsi que par l'institut Gallup, la placent respectivement à 10 et 13 points de retard sur son rival, ce qui illustre l'énorme difficulté de sa tâche.

Elle a inauguré un nouvel angle d'attaque, accusant son adversaire, au verbe particulièrement lyrique, de n'être qu'un beau parleur. Les démocrates doivent «choisir et élire un président qui agit, non pas un président qui se contente de parler», a lancé Mme Clinton devant une foule de plusieurs milliers de ses supporters, les implorant de «séparer la rhétorique de la réalité».

La réponse de M. Obama, qui a enchaîné une demi-douzaine de meetings, a été mordante. «Ce qu'on voit, c'est que Washington en est aux derniers sursauts de la résistance au changement.»

«On se moque de moi, un de mes adversaires a dit qu'il faudrait arrêter de donner des faux espoirs», a relevé M. Obama. «Des faux espoirs? quel message fait-on passer [en disant ça]? Est-ce qu'il faudrait se concentrer sur les obstacles qui empêchent de faire ce qu'il faut, plutôt que de les dépasser, de les démolir ? Ce n'est pas comme ça» que les Noirs ont obtenu leurs droits civiques, que l'Amérique a conquis la Lune, a encore lancé le sénateur.

Le troisième de la course John Edwards est de plus en plus éclipsé par ce duel, et recule à une lointaine troisième place (16 %) dans le sondage CNN.

Romney goûte à sa médecine

Le ton aigre était aussi à l'honneur chez les républicains cette fin de semaine. Ouvrant l'émission 90 minutes, les rivaux du républicain Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachusetts, ne lui ont pas laissé le temps de savourer sa victoire du jour aux caucus du Wyoming, qui lui ont accordé huit de leurs douze délégués.

Qu'il s'agisse d'Huckabee, vainqueur du caucus de l'Iowa, le 3 janvier, ou de John McCain, sénateur de l'Arizona, les critiques ont fusé à l'encontre de Romney, à qui l'on a reproché les atermoiement et les prises de positions changeantes sur le conflit irakien.

Huckabee et McCain ont également critiqué la campagne de Romney, accusé de dénigrer ses rivaux dans ses spots télévisés. «Vous pouvez dépenser toute votre fortune dans vos attaques, elles resteront erronées», a lancé McCain à Romney alors que celui-ci s'en prenait aux promesses du sénateur de l'Arizona en matière d'immigration.

Les républicains ont également remis le conflit en Irak au centre des discussions. Huckabee s'en est pris au mormon Romney, l'accusant de ne pas avoir soutenu l'envoi de renforts américains en Irak afin d'y lutter contre l'insécurité. «Sur la guerre, j'ai soutenu le président avant vous», a déclaré Huckabee, «je ne suis pas de ceux qui sont ici pour lancer des attaques excessives contre le président», a-t-il poursuivi.

«Ne caricaturez pas mes opinions», a répondu Romney, «ils [les Américains] veulent que nous parlions de politique, ils ne veulent pas d'attaques personnelles», s'est défendu Romney.

«Il ne s'agit pas d'une attaque personnelle, vous avez soutenu un retrait programmé des troupes», a rétorqué l'ancien gouverneur de l'Arkansas.

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