Pour Bush, la colonisation nuit à la paix

Washington — Le développement des colonies juives de Cisjordanie pourrait faire «obstacle» au processus de paix israélo-palestinien relancé récemment, a estimé hier George Bush, dans un entretien accordé à Reuters.

Le président américain, attendu dans moins d'une semaine et pour la première fois en Israël et dans les territoires palestiniens, s'est toutefois dit optimiste quant à la perspective d'un règlement définitif du conflit avant la fin de l'année, conformément aux engagements pris fin novembre lors de la conférence d'Annapolis (Maryland).

Sa visite, a-t-il poursuivi, sera l'occasion de faire pression sur les deux parties et lui permettra notamment d'insister sur la question des colonies, qui a jeté une ombre sur la reprise des pourparlers.

«J'évoquerai le développement des colonies israéliennes, le fait qu'il peut être un obstacle au succès. Les avant-postes non autorisés doivent par exemple être démantelés, comme les Israéliens s'y sont engagés», a-t-il souligné.

Prié de dire s'il avait l'intention de prendre part aux négociations entre le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, Bush a répondu: «Je ne sais pas. Ce n'est pas à l'ordre du jour actuellement. Mais il y aura assurément des discussions substantielles avec les Israéliens et les Palestiniens.»

Le locataire de la Maison-Blanche, dont le mandat s'achèvera dans un an, a en outre reconnu que ce déplacement répondait «absolument» à la nécessité de contenir l'influence de l'Iran dans la région.

Au cours du voyage, qui après Israël et les territoires palestiniens le conduira en Arabie saoudite, en Égypte, au Koweït, à Bahreïn et aux Émirats arabes unis, le président des États-Unis s'attend en outre à des questions sur le rapport de synthèse des services de renseignement américains (National Intelligence Estimate, NIE) publié début décembre, selon lequel le volet militaire du programme nucléaire de Téhéran a été gelé en 2003.

«Je leur dirai clairement que le NIE signifie que l'Iran reste un danger», a-t-il expliqué, avant de balayer l'actualité.

Évoquant le Kenya, théâtre depuis cinq jours d'émeutes post-électorales aux racines ethniques qui ont fait plus de 300 morts, le président a exhorté son homologue Mwai Kibaki, réélu dans des circonstances controversées, et son adversaire malheureux Raila Odinga à «se rassembler dans une forme d'accord qui contribuera à refermer les plaies de cette élection très serrée».

En ce qui concerne le Pakistan, Bush a également invité le président Pervez Moucharraf, «un allié» dans la lutte antiterroriste, à composer avec les vainqueurs des législatives, reportées du 8 janvier au 18 février après les troubles suscités par l'assassinat de Benazir Bhutto, chef de file de l'opposition.

«Je pense que le président Moucharraf devrait coopérer avec le vainqueur de ce scrutin, quel qu'il soit, et nous serons naturellement un allié solide du Pakistan», a-t-il dit.

Revenant à la politique intérieure, le chef de l'État a jugé la course à sa succession très ouverte, tout en conseillant patience et abnégation au vainqueur du «caucus» de l'Iowa, qui marquait hier le coup d'envoi des primaires.

«Quel que soit le vainqueur ce soir [hier], ce sera un moment glorieux, mais je lui conseille seulement de s'accrocher, parce que ce n'est que le début.»

«Les primaires sont un moyen intéressant de tester l'opinion. Ce qui ressemble à une route sans embûches peut très vite devenir affreusement chaotique.»

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