Rice veut en finir avec «le conflit et l'affrontement»

Washington — La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a défini hier les priorités de sa dernière année à la tête de la diplomatie américaine en exprimant le voeu de «mettre un terme au conflit et à l'affrontement».

«Nous n'avons pas d'ennemis permanents», a déclaré Mme Rice, qui était interrogée au cours d'une conférence de presse sur la perspective d'éventuelles visites en Iran, en Syrie ou en Corée du Nord.

«Nous avons une politique qui est prête à mettre fin au conflit et à l'affrontement avec tout pays qui soit disposé à nous rencontrer dans ces termes», a ajouté Mme Rice.

Les premières années du mandat du président George W. Bush ont été marquées par une logique d'affrontement et d'unilatéralisme qui a culminé avec la dénonciation de «l'axe du mal» (Irak, Iran, Corée du Nord), l'invasion de l'Irak et la chute de Saddam Hussein.

Alors que le mandat de M. Bush arrive à son terme début 2009, l'administration souhaite laisser dans les livres d'histoire une trace plus positive que la seule guerre en Irak, que Mme Rice a néanmoins citée en tête des priorités pour 2008, soulignant la «fragilité» des progrès réalisés ces derniers mois.

Elle a également cité le processus de paix israélo-palestinien, que les États-Unis ont décidé de relancer après l'avoir laissé au point mort pendant sept ans.

«L'an prochain, le président et moi-même soutiendrons et faciliterons activement ces négociations», a-t-elle déclaré.

Après la conférence d'Annapolis en novembre, qui a permis de relancer formellement les négociations sur le statut final d'un futur État palestinien, M. Bush va effectuer en janvier sa première visite au Proche-Orient.

Elle a aussi tendu une branche d'olivier aux ennemis, anciens ou actuels, de l'administration Bush, tout en soulignant que Washington «continuerait d'utiliser la puissance des États-Unis pour faire avancer les grands objectifs qui sont les [leurs]».

«Avec la Syrie et l'Iran, nous restons ouverts à de meilleures relations, mais ils doivent choisir la coopération et non l'affrontement avec la communauté internationale», a-t-elle déclaré.

Elle a réitéré une nouvelle fois son offre de «rencontrer son homologue [iranien] en tout lieu, à tout moment», quand Téhéran aura suspendu ses activités, mais prévenu qu'il y avait peu de chance qu'elle se rende elle-même en Iran. «Ne mettons pas la charrue avant les boeufs», a-t-elle lancé.

«En attendant, nous continuerons d'accentuer la pression derrière la diplomatie», a-t-elle prévenu en référence aux efforts de Washington pour faire adopter de nouvelles sanctions contre Téhéran pour son refus de suspendre ses activités controversées d'enrichissement de l'uranium.

Concernant la Corée du Nord, Mme Rice a rappelé que les accords de septembre 2005 et du 19 février dernier sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen décrivaient «un cheminement vers de meilleures relations» bilatérales.