L'Irak, l'Afghanistan et Poutine inquiètent Bush

Washington — Le président américain George W. Bush a déclaré hier ne «pas» être satisfait des progrès accomplis par le gouvernement irakien sur le plan législatif, et affirmé être inquiet à l'idée que certains de ses alliés se lassent de leur engagement militaire en Afghanistan.

«Sommes-nous satisfaits des progrès [en Irak]? Non.», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche. «Ils ont encore beaucoup de travail à faire». Et «nous continuerons à les pousser à faire adopter ces lois» sur le partage des revenus du pétrole ou encore sur la réintégration dans la fonction publique des ex-membres du parti unique Baas du régime de Saddam Hussein, a-t-il ajouté.

Selon un rapport du Pentagone rendu public en début de semaine, «le nombre total d'attaques en Irak a décliné de 62 % depuis mars 2007» et l'amélioration de la sécurité a atteint un rythme, qui «pourrait aboutir à une stabilité durable» en Irak.

Pour le commandement américain en Irak, deux raisons majeures sont à l'origine de cette diminution des violences: un cessez-le-feu décrété en août par la puissante milice chiite, l'Armée du Mahdi, et la mobilisation des tribus sunnites contre les extrémistes d'al-Qaïda. Toutefois, répètent diplomates et militaires, cette accalmie dans les attaques contre les troupes américaines et les violences interconfessionnelles est menacée sans le règlement rapide par le pouvoir central dominé par les chiites de plusieurs questions clefs.

La loi «Justice et transparence» notamment, sur la réintégration dans la fonction publique des anciens du Baas limogés après l'invasion de mars 2003, n'a toujours pas été approuvée, tout comme le budget pour l'année 2008.

Le premier ministre chiite Nouri al-Maliki, affaibli par le départ des ministres sunnites et chiites radicaux de son cabinet, est également très réticent à accepter l'intégration dans les forces de sécurité de milliers de miliciens sunnites financés par les Américains pour lutter contre al-Qaïda.

«Ces efforts avancent lentement» en raison des craintes du gouvernement de voir ces auxiliaires sunnites se retourner contre lui ou reprendre les violences, selon le rapport du Pentagone.

À propos de l'Afghanistan, George W. Bush a fait part de ses craintes à l'idée que certains de ses alliés n'abandonnent le pays avant qu'il soit tout à fait stabilisé.«Ma plus grande inquiétude, c'est que certains disent "on est fatigué de l'Afghanistan, et donc nous pensons en partir"», a déclaré M. Bush.

«Mon objectif, c'est d'aider les [alliés] à trouver une mission qu'ils puissent confortablement remplir, et les convaincre que cela va prendre du temps pour que cette expérience démocratique en Afghanistan fonctionne», a ajouté M. Bush, en rendant hommage aux Britanniques, Canadiens, Danois, Australiens pour leur contribution.

Le président américain a enfin indiqué qu'il allait suivre avec attention l'avenir politique du président russe sortant Vladimir Poutine, espérant que la Russie resterait sur une voie démocratique. «Il y a des spéculations sur la possibilité que [M. Poutine] soit le prochain premier ministre. Je n'en sais rien, en attendant, il vaut mieux suivre de près» ce qui se passe, a-t-il dit.

Après la désignation de M. Poutine comme personnalité de l'année par le magazine Time, M. Bush a dit présumer «que c'est parce qu'il est un dirigeant important». «La question essentielle, c'est: important pour quoi faire? [...] À quoi ressemblera son pays dans dix ans?», a demandé le président, notoirement soucieux du regain nationaliste russe.

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