GES: entente entre neuf États américains et l'Alberta

Au moment où on publiait hier aux États-Unis le premier bilan de carbone du continent nord-américain, neuf États du Midwest et le Manitoba signaient une entente plutôt conservatrice afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Cette entente étend le mouvement amorcé par les deux coalitions d'États américains, soit les huit États de la côte est des États-Unis regroupés au sein de la Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI) et les sept États membres de la Western Climate Initiative (WCI), lancée par le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger. Ces 15 États se sont récemment alliés, à Lisbonne, notamment à l'Union européenne au sein d'une nouvelle entente, l'International Carbon Action Partnership.

L'entente conclue hier dans le Midwest n'impose pas de plafond aux grands émetteurs de ces États. Elle mise plutôt sur une intensification du recours aux biocarburants, qui font actuellement la fortune des agriculteurs de la Corn Belt. Les gouverneurs se proposent d'accroître leur efficacité énergétique de 2 % par année à compter de 2015, principalement par l'usage croissant des biocarburants. Ils se sont donné comme autre objectif de remplacer par des biocarburants 50 % des besoins du secteur des transports et 30 % de l'énergie requise pour la production d'électricité. Cet accord, très conservateur par rapport aux objectifs de réduction de l'ONU, a été signé par le Wisconsin, le Minnesota, l'Illinois, l'Indiana, l'Iowa, le Michigan, le Kansas, l'Ohio et le Dakota du Sud.

Au même moment, le Programme scientifique sur le climat des États-Unis publiait son premier bilan continental. L'Amérique du Nord, Canada compris, rejette deux milliards de tonnes de GES chaque année, soit le quart de toutes les émissions d'origine humaine sur Terre. Ce bilan serait encore plus lourd, affirment les chercheurs, si les océans n'avaient pas absorbé une grande partie des émissions. Mais les principaux puits de GES de la planète, soit les océans et les forêts, sont en voie de saturation ou de déclin, et il faudra diminuer radicalement les émissions des grands émetteurs pour améliorer le bilan continental, affirment les chercheurs.

Selon ce rapport, plus de la moitié des émissions de GES en Amérique du Nord en 2003 a résulté de la consommation d'énergie dans les édifices, première cause en importance sur le continent. En 2003, les émissions de GES des édifices des États-Unis ont dépassé les émissions de tous les pays de la planète, à l'exception de la Chine. La consommation d'énergie dans les édifices a augmenté de 30 % depuis 1990 en Amérique du Nord, principalement à cause de la croissance des surfaces commerciales et de la taille sans cesse plus grande des résidences, un domaine où la demande est hors de contrôle.
1 commentaire
  • Daniel Beaudry - Abonné 16 novembre 2007 21 h 04

    La bêtise humaine

    L'humanité navigue sur un radeau dans une mer très froide et elle brûle le radeau pour se chauffer !
    Daniel Beaudry