Le premier débat CNN/YouTube - Hillary Clinton creuse l'écart

Hillary Clinton pendant le débat de lundi soir.
Photo: Agence Reuters Hillary Clinton pendant le débat de lundi soir.

Washington — Débat après débat, la sénatrice et ex-première dame Hillary Clinton met en évidence la solidité de sa candidature à l'investiture démocrate en 2008, une course de fond où elle continue de creuser l'écart.

Les commentateurs étaient unanimes hier à saluer sa performance et ses qualités, au lendemain du premier débat CNN/YouTube entre les huit candidats démocrates, alimenté par des vidéos sérieuses ou farfelues du site Internet.

Lors de ce quatrième débat télévisé depuis le début de la campagne, la sénatrice de l'État de New York «s'est montrée à l'aise, informée, imperturbable et ayant le sens de l'humour», résumait hier le Chicago Tribune. «Chaque fois qu'un candidat favori dans les sondages tire son épingle du jeu dans un débat sans se faire du tort, il ou elle en est le vainqueur par définition», indique le quotidien.

«Elle est comme une machine, mais dans le bon sens du terme», renchérit le magazine en ligne Slate. «Lors des débats, Hillary Clinton a dominé et commis très peu d'erreurs. Elle est préparée et jamais prise en défaut», ajoute Slate.

«Elle était aux commandes», a assuré pour sa part le commentateur conservateur et ancien secrétaire à l'Éducation Bill Bennett sur CNN. «À l'entendre et à la voir, elle passe mieux», a-t-il indiqué, se disant certain qu'elle remporterait la nomination de son parti.

Les sondages confirment que la sénatrice arrive largement en tête dans le camp démocrate avec, selon le dernier en date réalisé lundi, 45 % d'intentions de vote devant le sénateur noir Barack Obama à 30 % et John Edwards à 12 %.

Les Américains estiment en outre à 63 % que Hillary Clinton deviendra la première femme présidente des États-Unis si elle remporte les primaires démocrates, selon un autre sondage. Donnée gagnante par les démocrates à 77 %, elle l'est aussi par les républicains à 53 %.

Lors du débat, sa connaissance des dossiers et son sens des nuances ont, par comparaison, mis en relief l'inexpérience de son rival, le sénateur noir Barack Obama.

Dans un des temps forts de la discussion, interrogé sur la question de savoir s'il rencontrerait des dirigeants de pays considérés comme des ennemis des États-Unis, tels l'Iran, la Syrie, le Venezuela, Cuba ou la Corée du Nord, M. Obama a affirmé: «Je le ferai», estimant que «la notion selon laquelle le fait de ne pas parler à certains pays correspondrait à les punir est ridicule».

Mais Mme Clinton a affirmé plus subtilement qu'elle ne «voudrait pas s'exposer à être utilisée à des fins de propagande».

Son assurance semble inébranlable. «J'espère briser le plus dur de tous les plafonds de verre», a-t-elle dit par ailleurs. «Je ne me présente pas parce que je suis une femme, je me présente parce que je pense que je suis la plus qualifiée et la plus expérimentée pour être à pied d'oeuvre en janvier 2008.»

À la question d'un des participants sur sa capacité, en tant que femme, de négocier notamment avec des pays du Moyen-Orient dont le pouvoir est détenu par des hommes, elle a répondu: «Je crois qu'il n'y a pas de doute chez quiconque que je peux être prise au sérieux.»

Si son succès paraît inéluctable à certains, Mme Clinton, présentée par ses adversaires comme froide, rigide ou calculatrice, affronte encore pourtant beaucoup de scepticisme.

Un électeur de l'Illinois remarquait lundi soir dans une vidéo que si elle était élue et remportait deux mandats, le pays traverserait 28 années avec un Bush ou un Clinton à la Maison-Blanche. Mais là aussi, Mme Clinton a su mettre les rieurs de son côté. «Oui, je pense que c'était un problème que Bush ait été élu en 200O», a-t-elle dit.