Une Québécoise parmi les victimes

Deux étudiants de Virginia Tech assistent silencieusement à une cérémonie en hommage aux victimes de la tuerie.
Photo: Agence Reuters Deux étudiants de Virginia Tech assistent silencieusement à une cérémonie en hommage aux victimes de la tuerie.

Si loin et si proche à la fois. Déjà touchés de près par la tragédie de Virginia Tech, pour ce qu'elle rappelle des trois tueries semblables survenues ici, les Québécois ont de plus appris hier qu'une des victimes du massacre était une concitoyenne, amoureuse d'une langue française qu'elle enseignait depuis longtemps.

Originaire de Montréal, Jocelyne Couture-Nowak est tombée comme 31 autres personnes sous les balles de Cho Seung-Hui, lundi. On ne connaissait pas hier soir les circonstances exactes de son décès. L'assassin a abattu des victimes dans quatre salles de classe et une cage d'escaliers.

Mme Couture-Nowak enseignait au département d'études françaises et francophones. Son mari, Jerzy Nowak, est le chef du département d'horticulture à la même université Virginia Tech. C'est lui qui a confirmé le décès de son épouse à la presse, hier. Il a passé la soirée de lundi dans l'attente d'un coup de fil rassurant, qui n'est jamais venu. Le couple avait deux filles.

La nouvelle du décès de Mme Couture-Nowak a remué bien des gens dans la petite communauté acadienne de Truro, en Nouvelle-Écosse: la victime s'était établie dans cette région il y a une vingtaine d'années, notamment pour achever sa formation au Nova Scotia Teachers College. Elle y était restée jusqu'en 2000, quand son mari a quitté son emploi au Nova Scotia Agricultural College (où Mme Couture-Nowak enseignait aussi le français) pour se diriger à Virginia Tech.

Très engagée dans la promotion de la langue française partout où elle est passée, Jocelyne Couture-Nowak avait milité en 1997, avec ses collègues Heather Parker et Nicole Bagnell, pour la mise sur pied d'une école francophone à Truro. Leur action a mené à la fondation de l'École acadienne de Truro, un établissement qui continue aujourd'hui à dispenser des cours au sein du Conseil scolaire acadien provincial.

Interviewée hier par la station régionale de Radio-Canada, Mme Parker a parlé avec émotion d'une femme pacifique, très engagée dans tout ce qu'elle faisait. «Elle était passionnée par la vie, vive et dynamique, a-t-elle dit. Elle voulait le bien-être de tous.» Une autre ex-collègue, Claire Russell, s'est rappelé une «dame souriante», passionnée de culture francophone.

Mme Couture-Nowak «avait une personnalité de fonceuse, c'était une femme forte et sportive qui voulait toujours aider les autres», a pour sa part témoigné sur LCN une tante de la victime, Suzanne Couture. Lundi soir, devant l'absence de réponse téléphonique de la part de sa nièce, Mme Couture s'était accrochée à l'idée qu'elle devait «être en train d'aider quelque part... Mais ça s'est passé autrement.»

Membre du Women's Center de Virginia Tech, la victime semblait être appréciée dans son milieu de travail. Dans un site Internet dédié à l'évaluation des professeurs par les étudiants, deux commentaires affichés en 2003 et 2005 accordaient d'excellentes notes à la professeure. On y parlait notamment d'une personne «extrêmement gentille et compréhensive».

Charest et Harper

Spécialement interpellés par la mort de Jocelyne Couture-Nowak, les premiers ministres Jean Charest et Stephen Harper ont offert hier leurs condoléances aux proches des victimes de la tuerie de lundi. «Nos pensées sont particulièrement tournées vers la famille de Jocelyne Couture-Nowak, a notamment mentionné M. Charest. [...] Cet événement, d'une violence inouïe, est incompréhensible et il faut condamner avec la plus grande vigueur toutes les formes de violence.»