Un haut responsable démocrate envisage un voyage en Iran

Tom Lantos, président de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, envisage un voyage en Iran au nom de la nécessité du dialogue, mais la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, ne prévoit pas de s'y rendre elle-même, selon son porte-parole.

«La présidente de la Chambre n'a pas l'intention d'aller en Iran», a déclaré hier son porte-parole, Brendan Daly. «Elle a un grand respect pour M. Lantos, le seul survivant de l'Holocauste siégeant au Congrès et un soutien inébranlable d'Israël, qui voudrait aller là-bas commencer un dialogue», a-t-elle ajouté.

La veille, M. Lantos s'était dit «prêt à prendre l'avion» à tout moment, estimant que, «aussi contestables, injustes et inexactes que soient les déclarations [négationnistes et antisionistes du président iranien Mahmoud Ahmadinejad], il est important que nous ouvrions un dialogue avec lui».

La déclaration de M. Daly clarifie ce qu'avait ajouté M. Lantos, coutumier des visites dans les pays avec lesquels les États-Unis entretiennent peu ou pas de relations, comme la Corée du Nord ou, par le passé, la Libye.

La Maison-Blanche avait jugé troublants ces projets, que Mme Pelosi n'avait pas commentés dans un premier temps. Mme Pelosi s'était contentée mardi de souligner qu'elle jugeait «les déclarations du président iranien si répugnantes qu'elles le placent hors du cercle du comportement humain civilisé. Mais quand quelqu'un de la stature de M. Lantos, avec son expérience personnelle, juge important d'ouvrir un dialogue, je crois que cela montre bien l'importance du dialogue», avait-elle dit.

De son côté, le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, a déclaré hier qu'il ne comptait pas se rendre en Iran.

M. Reid a en revanche invoqué les recommandations du Groupe d'étude sur l'Irak, coprésidé par l'ex-secrétaire d'État James Baker, qui avait recommandé en décembre que «le président et son département d'État ouvrent des négociations avec l'Égypte, l'Arabie saoudite, la Jordanie, la Syrie et l'Iran».

C'est également au nom du dialogue que Mme Pelosi a défendu mardi sa visite à Damas la semaine dernière, où elle a rencontré le président syrien Bachar al-Assad.

Le président Bush avait critiqué personnellement cette visite, estimant qu'elle envoyait des messages contradictoires minant les efforts pour isoler le président Assad.

«Il n'y a pas de différence entre le message du président à la Syrie et le nôtre: la Syrie doit cesser son soutien aux organisations terroristes comme le Hezbollah et le Hamas, la Syrie doit cesser de permettre à des combattants de franchir la frontière irakienne [...], la Syrie doit cesser son ingérence au Liban», a rétorqué Mme Pelosi mardi soir.

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