États-Unis - Des prélèvements d'ADN pour toute personne arrêtée

Washington — Les États-Unis se préparent à prélever systématiquement un échantillon d'ADN sur les suspects détenus par les autorités fédérales, y compris des centaines de milliers d'immigrés clandestins, selon le New York Times publié hier.

Les nouvelles règles, qui doivent être mises en place par le ministère de la Justice, visent à rendre ces prélèvements aussi communs que les relevés d'empreintes digitales pour toute personne arrêtée, alors que, pour l'instant, les autorités fédérales ne prélèvent d'ADN que sur des criminels inculpés. Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès du ministère.

Selon le New York Times, les immigrés clandestins sont particulièrement visés par ces dispositions, autorisées par le Congrès en janvier 2006, dans un amendement inscrit à une loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes.

Cette mesure recueille un fort soutien auprès des organisations de défense des victimes de crimes et de quelques groupes féministes qui estiment que cela aidera à identifier les agresseurs sexuels. Mais les organisations de défense des droits civiques y voient une atteinte à la vie privée.

«Les fichiers d'ADN peuvent révéler nos maladies, physiques et mentales. Lorsque le gouvernement commence à pénétrer dans notre intimité, cela devient de l'intrusion», déclare Peter Neufeld, codirecteur de Innocence Project, une organisation qui a permis à de nombreux prisonniers de se soustraire à un prélèvement d'ADN, cité par le quotidien. «C'est à grande échelle, cela fait peur», estime de son côté Deborah Notkin, avocate spécialisée dans la défense des immigrés.