États-Unis: un élu musulman au centre d'une controverse

Washington — Un parlementaire américain a déclenché une polémique en se déclarant gêné par l'élection d'un collègue musulman, qui selon lui compromettrait «les valeurs et croyances traditionnelles des États-Unis».

«Le représentant [musulman] du Minnesota [Keith Ellison] a été élu par les électeurs de sa circonscription, et si les citoyens américains ne se réveillent pas et n'adoptent pas la position [du représentant républicain] Virgil Goode sur l'immigration, il y aura sans doute de plus en plus de musulmans élus et exigeant l'usage du Coran» lors des serments officiels, a fait valoir M. Goode dans une lettre à un de ses administrés, transmise hier à l'AFP.

Une grande organisation de défense des droits des musulmans, le CAIR (Council on American-Islamic Relations), a exigé des excuses à la suite de cette lettre.

«Les remarques islamophobes de M. Goode adressent un message d'intolérance qui est indigne de tout élu», a estimé un responsable du CAIR, Corey Saylor.

Le porte-parole de M. Goode a indiqué qu'il n'avait aucune intention de présenter des excuses et qu'il assumait pleinement sa lettre.

M. Ellison, un Noir américain dont la famille serait établie aux États-Unis depuis 1742, selon le CAIR, avait déjà été sommé par un commentateur ultra-conservateur, Dennis Prager, de prêter serment sur la Bible et non sur le Coran.